Editions Plein Chant

La bibliophilie à portée de chacun.

 

Catalogue des livres & de la revue

 

Joyeux censeur, je m'aperçois

Que tu veux compter par tes doigts

Les extravagantes saillies

Les égarements les folies

Qui règnent parmi les humains,

Mais tous les efforts seront vains

Aucun nombre ne peut suffire,

Croi moy contente toi d'en rire

Démocrite

 

 

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Les collections de Plein Chant :

 

Type-type : Adaptation du caractère d’imprimerie à la singularité de l’auteur. Collection de livres in-8° brochés.,

 

Petite librairie du XIXe siècle :

 

Bibliothèque facétieuse,

 

Xylographies oubliées,

 

Gens singuliers,

 

Anciennetés ;

 

Autres livres autour du XIXe siècle ;

 

livres d’aujourd’hui 

 

La Font secrète;

 

L’Atelier furtif ;

 

L’Enjambée

 

La tête reposée

 

Bibliothèque oucuipienne

 

Voix d’en bas

 

Cahiers Henry Poulaille

 

Xylographies

 

Hors collection

 

La revue Plein-Chant

 

Cahiers de la belle équipe

 

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TYPE-TYPE

Caractère par caractère.

 

 

Adaptation du caractère d’imprimerie à la singularité de l’auteur. Collection de livres in-8° brochés.

 

Pierre VELLA

Parole pour un jazz.

80 p., 35 linogravues. l’un des 300 exemplaires sur papier à grain « Modigliani »

15€.

Journal poétique et imaginé d’une excursion géographique et introspective au pays du jazz. Il donne forme à la parole spontanée, fixe le geste, fabrique un objet qui parle de tendresse et d’écorchure, de beauté sauvage et fait oublier la violence universelle au profit de celle des sentiments.

 

Victor SERGE,

Pour un brasier dans un désert.

256 p. L’un des 800 exemplaires sur Centaure naturel de Rives :

23€.

Recueil de Résistance (1938), Messages (1945-46), Mains (1947) et Destins (1912-47) textes inédits ou disséminés constituant l’essentiel de l’œuvre de Victor Lvovitch Kibaltchitch plus connu sous le nom de Victor SERGE (1890-1947), dissident russe mais écrivain français. En un temps d’orthodoxie béates, un homme libre qui connut l’exil, la prison, la déportation, la censure, se dresse refusant ce siècle de fer, refusant le fatalisme ou la lâcheté. Il témoigne pour les éternels exclus de l’histoire.

 

Gaston Chaissac,

Lettres du Morvandiau en blouse boquine à Pierre et Michel Boujut.

Documents inédits : photos, dessins, peinture et textes. 200 p.

L’un des 1000 exemplaires sur papier chiné Flora avec 10 repro. en quadri.

140 F/21,34€.

MANQUANT

 

Marcelle DELPASTRE

Ballades.

128 p. L’un des 800 exemplaires: ISBN 2-85452-247-8

14€

 

Ces Ballades, sur un mode traditionnel et légendaire, nous offrent une approche saisissante de l'univers intérieur de l'auteur, entre l'innocence des origines et le point ultime de tout parcours, de tout cycle naturel : c'est ici un livre noir où l'espoir n'apparaît pas et dont l’omniprésente conclusion restera pessimiste. Écrites entre 1959 et 1962, premiers essais poétiques de Marcelle Delpastre, ces courtes proses contiennent en germe une œuvre qui se développera pendant près de quarante ans dans la plus totale singularité et dans un silence quasi général. Œuvre du XXe siècle. Nous ne doutons pas qu’elle sera un jour reconnue comme l’une des plus profondes et des plus originales du XXe siècle.

 

 

Georges AURIOL,

42 contes mêlés de typographie

avec notes de François Caradec

248 p. 1000 exemplaires. ISBN : 2-85452-262-1

25 €

Cet auteur du début du XXe siècle emmène le lecteur à travers les belles pages de ce beau livre dans des contes inénarrables. « Un de Newcastel (Northumberland),  épousa un jour clandestinement, une jeune de Worcester. Aussitôt que le ministre de Dieu les eut unis, ils endossèrent leurs ulsters, waterproof et macfarlanes, bouclèrent leurs guêtres et,  munis de leurs sacoches, lorgnettes et guides, s’embarquèrent pour le continent. Ils avaient entendus dire qu’Arras est une jolie cité,  habitée par un bon public, et c’est là qu’ils voulaient passer leur nuit de noces…

 

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La Petite librairie du XIXe siècle

 

Réimpression à petit nombre et sur beau papier

de texte anciens, rares et succulents.

 

La Petite librairie du XIXe siècle, ou Réunion de livres sympathiques que l'on pouvait trouver dans le commerce durant cette période: œuvres nouvelles parfois demeurées obscures on méconnues, mais marquant une date dans l'histoire littéraire; et aussi réimpressions de textes des siècles précédents redécouverts par des érudits enjoués et offerts au goût de nouveaux lecteurs dans des typographies et des présentations inspirées de l'esthétique des éditions originales.

Par ce second volet de notre projet, fort abondant, nous voudrions rendre hommage à nombre de petits éditeurs qui, tels Auguste Aubry, Jules Gay, Pierre Jannet, Dainase Jouaust, Isidore Liseux, Louis Perrin, Auguste Poulet-Malassis et quelques autres, ont œuvré à l'édification d'un merveilleux catalogue de la littérature du passé. En faisant revivre et perdurer des œuvres d'écrivains singuliers, ils ont, grâce à des moyens techniques affinés, à un établissement méticuleux des textes, à un sens et à un amour passionnés du document, redonné vie aux écrits oubliés de notre patrimoine littéraire. C'est dans leur esprit et dans le respect de leur oeuvre que nous avons conçu nos rééditions, la plupart à l'identique, quelques-unes à la manière de.

 

Le plan de la Petite librairie se développe dans quatre directions que nous présentons sous la forme de quatre collections :

 

La Bibliothèque facétieuse, libertine et merveilleuse rassemble des textes du XVe au XVIIIe siècle, Xylographies oubliées présente des livres à gravures, principalement du XVIe siècle ; Gens singuliers regroupe des recueils de portraits d'originaux de toutes époques écrits an XIXe, siècle, parfois au XXe; Anciennetés enfin, redonne, le plus souvent en fac-similé, des livres importants et méconnus, des documents d'histoire littéraire, principalement de la fin du XIXe siècle.

 

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Bibliothèque facétieuse,

Libertine et merveilleuse.

 

 

Paule Adamy

Les Jolies ordures de l’Ancien régime

336 p. 12 x 17 (rogné) 12,5 x 17,5 (non rogné) sur vergé de Rives naturel

18 €

Exprimer sa jouissance, son désir, Montrer les danger de l’amour et quelques plaisirs défendus. Comment le dire sans le dire ? Ces textes libertins rares nous le montre et sans tomber dans le sordide en faisant simplement jongler les mots comme foutre, vit, con, ou cul. On dépasse évidemment les limite de la bienséance suscitant toujours une délicate allégresse.

 

Philippe d'Alcripe.

 

Fabrique des excellens traits de vérité.

Livre pour inciter les resveurs tristes et mélancoliques à vivre de plaisir,

par Philippe d’Alcripe, sieur de Neri en Verbos.

 

Nouvelle édition revue avec soin, et augmentée des Nouvelles de la terre de Prestre Jehan. Réimpression à 200 exemplaires sur vergé de l'édition de Pierre Jannet (Bibliothèque elzévirienne), 1853. In-16 de XVI- 220 pages.

18€.

 

L'auteur de Nouvelle Fabrique (1579) était Normand. Les lieux où il situe la scène de ses récits facétieux et extravagants, ainsi que de nombreuses locutions ne laissent aucun doute à ce sujet. Il s'agit ici de « menteries » par lesquelles il a cherché simplement à s'amuser lui-même et à récréer ses lecteurs. « On ne saurait nier qu'il n'y ait en général assez bien réussi (...) et on reconnaîtra qu'il n'était pas dépourvu d'imagination et que sa manière avait beaucoup de naturel, ce qui constitue en grande partie le talent du conteur », précise l'éditeur de 1853.

 

Bruscambille.

Les Fantaisies de Bruscambille,

contenant plusieurs discours, paradoxes,

harangues et prologues facétieux.

Réimpression à 200 exemplaires sur vergé de l'édition de Jules Gay, Bruxelles 1863. In‑16 de 315 pages.

21€.

Deslauriers de son vrai nom, Bruscambille fut un célèbre farceur du XVIe siècle, successeur de Gaultier Garguille à l'Hôtel de Bourgogne. Ses improvisations sont riches d'invention verbale et il possédait un art de la caricature qui n'était pas sans valeur psychologique. On trouve dans ses écrits des satires, politiques ou autres, ne manquant ni de verve ni de trivialité et toujours riches de détails sur la vie quotidienne de son époque. Texte de l'édition de Lyon, 1618.

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Caylus.

 

Facéties du comte de Caylus,

de l'Académie des Inscriptions.

 

Avec une Notice bio-bibliographique par Octave Uzanne. Réimprimé d'après l'édition d'Albert Quantin, 1879. In‑8° de XLVI‑246 pages. Tiré à 300 exemplaires sur vergé chiffon de Rives.

24€.

Le comte de Caylus, membre de l'Institut, était connu à son époque comme archéologue. Il a publié notamment de magnifiques volumes de planches gravées reproduisant les monuments de l’antiquité romaine, grecque et orientale. C'est ici un volet oublié de son oeuvre qui ressurgit, celui où il donne la parole an petit peuple des rues de Paris en en retraçant la vie quotidienne, les amours et les travaux, avec un réalisme qui lui est tout à fait particulier : utilisation du langage parlé, avec ses locutions vicieuses, ses maladresses, sa poésie parfois aussi involontaire qu'efficace.

 

Choisy.

Aventures de l'abbé de Choisy habillé en femme.

18€.

Nouvelle édition complète avec un avant-propos par M. P[aul] L[acroix]. Paris [Bruxelles, Poulet-Malassis], 1870. In-16 de XVI-175 pages, réimprimé à 200 exemplaires sur vergé satiné de Lana.

 

La mère de Charles Timoléon, abbé de Choisy (1644‑1724) « avait la singulière manie de l'habiller en fille ; elle lui avait fait percer les oreilles et lui mettait des mouches. Elle s'y prit si bien que l'enfant, ayant grandi dans ces accoutrements, n'en voulut plus changer. La figure charmante de Choisy, son absence de barbe, sa taille délicate et fine se prêtaient à cette mascarade, qu'il devait pousser aussi loin que possible ». En ces quelques mots, Gustave Desnoiresterres a fixé la personne et le destin de l'abbé, par ailleurs ambassadeur au Royaume de Siam, membre de l'Académie française et auteur, entre autres, d'une Histoire de l'Eglise en 11 volumes in-4° et de Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV plusieurs fois réédités jusqu'à nos jours, Il n'en donna pas moins sur ses excentricités «un des ouvrages les plus piquants et les plus indiscrets qui aient été écrits depuis les Historiettes de Tallemant des Réaux » (Paul Lacroix). On appréciera ici la grâce du style de l'abbé qui sur si parfaitement mêler « la naïveté à l'effronterie ».

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Cholières,

Œuvres du seigneur de Cholières.

I, Les Matinées,

II, Les Après‑dînées.

Édition préparée par Édouard Tricotel. Notes, index et glossaire par Damase Jouaust. Préface par Paul Lacroix. Réimprimé sur l'édition de la Librairie des Bibliophiles, 1879, 2 volumes in‑8° de XLIV-341 et 397 pages. Tiré à 200 exemplaires sur vergé chiffon des papeteries de Rives.

55€.

 

Le seigneur de Cholières (1509-1592) n'a laissé sur sa vie que peu de détails, mais son œuvre parle pour lui : les entretiens sur toutes sortes de questions que renferment ses Matinées (1585) et ses Après-dînées (1587) nous montrent lui savant préoccupé de philosophie, de chimie, d'astronomie et de toutes les connaissances humaines. C'était un gentilhomme érudit et poète, s'adonnant à l'étude et se consacrant tout entier aux sciences, aux lettres, aux arts libéraux. Il aborde dans ces deux recueils aussi bien les questions de médecine que de droit, l'astrologie que les mœurs du temps (le mariage, les barbes, le caquet des femmes, les châtrés, etc.) Les colloques auxquels il nous convie, tout en étant riches de renseignements sur l'époque où ils se déroulent, ont autant de prétextes à faire jaillir l'humour et le non-conformisme d'un humaniste qui ne prétendait être qu'un modeste élève de maistre François Rabelais.

 

 

La Confession publique du brocanteur.

Aventure extraordinaire, arrivée au mois de novembre 1769, sur un Vaisseau parti de l'Amérique pour Saint-Malo. Elle est rapportée fidèlement par M*** qui étoit présent, suivant le manuscrit que l'on a trouvé dans ses papiers.

À Amsterdam, 1776.

Réimprimé à 200 exemplaires sur vergé de Rives. D'après l'édition de Georges Andrieux, Paris1936. Petit in-8° de 48 pages.

9 €.

 

Ce petit récit, de toute évidence imaginaire, est un pamphlet bien mené contre les pratiques souvent douteuses des brocanteurs et antiquaires pour faire monter les prix des objets ou des tableaux qu'ils ont à vendre ou pour minimiser la valeur de ceux qu'ils veulent acheter. Serait-il toujours d'actualité ? Seul un professionnel pourrait répondre à cette délicate question...

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Pierre Corneille Blessebois.

Le lion d’Angélie

suivi du

Temple de Marsias.

Avec une notice sur l'auteur et sur ses ouvrages. Réimprimé sur l'édition de Jules Gay, 1862. In-16 de XXIV-131 pages. Tiré à 200 exemplaires sur Ingres d'Arches.

18 €.

Satire des romans sentimentaux, niais aussi des Précieuses, Le lion d’Angélie (1670) préfigure par ailleurs les romans noirs du XVIIIe, siècle et la frénésie littéraire du romantisme. Son auteur, connu pour quelques romans « licencieux », a laissé peu de détails sur sa vie. Redécouvert dans les années 10 de notre siècle par Apollinaire puis par Frédéric Lachèvre, il n'avait connu auparavant que des rééditions plus ou moins clandestines sous le Second Empire.

 

Pierre Corneille-Blessebois.

Le Rut, ou la Pudeur éteinte.

 

Réimpression à 200 exemplaires sur vergé de l'édition de Genève, Augustin le Gaillard [Jules Gay, 1882 ], in-16 de XII-143 pages.

15 €.

 

Œuvre cynique et « crapuleuse » ainsi que la qualifièrent quelques-uns de ses commentateurs, Le Rut n'en reste pas moins l'un des plus étonnants et des plus curieux récits de la littérature érotique du XVIIe siècle. Largement autobiographique, il éclaire une période des débuts de la vie aventureuse de Blessebois, tout comme Le Zombi du Grand-Pérou en éclaire la fin. Blessebois (1646-1700 env.), séducteur, incendiaire, escroc, assassin à l'occasion, connut la prison, l'exil, le bagne ; sa singulière écriture où les vers se mêlent à la prose n'en révèle pas moins l'âme d'un poète sous la défroque du fripon.

 

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Abbé Théophile Imarigeon Duvernet.

 

Les Dévotions de Mme de Bethzamooth

[suivi de]

La Retraite, les tentations et les confessions

de la marquise de Montcornillon.

 

Réimpression de l'édition Gay et Doucé, Bruxelles 1880. In-8° de VII‑83‑66 pages. Tiré à 200 exemplaires sur vergé de Lana.

14 €.

Deux petits chefs-d'œuvre de finesse et d'humour, totalement inconnus des histoires littéraires. Le premier a été publié en 1789, le second l'année suivante. On y verra notamment comment un jeune galant séduit une dévote à coups d'arguments tirés des saintes écritures. « C’est en partie à ces petits et pieux manèges qu'on doit l’avantage de voir Paris purgé des dévotes» dit l’auteur, qui écrivit son livre à la Bastille et avouait avoir bien ri en l'écrivant.

 

Gaultier Garguille.

Chansons.

 

Nouvelle édition suivie de pièces relatives à ce farceur. Avec introduction et notes par Édouard Fournier. Réimpression à 200 exemplaires sur vergé de l'édition de Pierre Jannet (Bibliothèque elzévirienne), 1858. In-16 de CXII-256 pages.

21 €.

Gaultier Garguille est le surnom du Normand Hugues Guéru, connu encore sous le nom de Fléchelles. Il fut au tout début du XVIIe siècle un célèbre farceur battant le pavé parisien avec des pièces qu'il improvisait, d'un ton proche de celui de la commedia dell’arte. Dénoncé par les comédiens patentés, il obtint de Richelieu de jouer à l’Hôtel de Bourgogne. Ses chansons, pour la plupart fort grivoises, ne manquent pas de charme : Gaultier Garguille possédait un sens du langage bien à lui mais il savait aussi puiser dans le vieux fonds populaire. Ce volume contient en outre une longue et passionnante préface d’Édouard Fournier sur La Farce et la chanson au théâtre avant 1660, ainsi qu'une suite de douze pièces facétieuses se rapportant à Gaultier Garguille.

 

Gabriel-Antoine-Joseph Hécart

Anagramméana

Poème en huit chants

Texte présenté et annoté par Alain Chevrier.

160 p. 12 x 17 (rogné) 12,5 x 17,5 (non rogné) sur vergé de Rives naturel

12 €

Cette pièce est des plus singulière de la littérature française. Construit sur la contraite de l’anagramme, il s’agit du plus long poème de non-sens de notre langue. Son auteur l’a composé en 1821, réédité en 1867 cette œuvre pré-oulipienne demeure très peu connue.

 

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François d'Hervé.

Le Panthéon et Temple des Oracles où préside fortune.

 

Nouvelle édition revue sur le manuscrit. Réimpression à 200 exemplaires sur vergé de l'édition de Pierre Jannet (Bibliothèque elzévirienne), 1858. In-16 de LVI-224 pages.

21 €.

Cet ouvrage singulier est le Parangon des recueils d'oracles, dont l'archétype remonterait au XIIIe siècle, héritiers des sciences divinatoires, de l'astrologie et de la géomancie, mais avant transgressé leurs lois primitives pour devenir des jeux de hasard par la mise en œuvre de combinaisons multiples de questions (il y en a ici 144) et de réponses (ici 1296 sous forme de quatrains, auxquels on accède directement ou par l'utilisation d'un toton ou de trois dés). L'auteur avoue s'être livré dans ce livre publié en 1625 à un pur jeu littéraire dans le seul but de le rendre attrayant à la vertueuse dame qui le lui avait commandé.

 

Claude Le Petit.

L'heure du berger.

 

Nouvelle édition avec un avant-propos par Philomeste junior. Réimprimé sur l'édition de Jules Gay, 1862. In-16 de (6)-XVII-56 pages. Tiré à 200 exemplaires sur Ingres d'Arches.

12 €.

Ce «demy-roman comique ou roman demy-comique» publié en 1662 est une satire des pastorales et des romans sentimentaux dont l'Astrée est le prototype. Un critique du XIXe siècle, Victor Fournel, y voyait «un livre burlesque, plein de galimatias et de mauvais goût, mais ne manquant cependant pas d'un certain esprit ». Il faut avouer qu'avec le temps le mauvais goût finit par acquérir un certain charme. Il n'aurait certainement pas déplu à Le Petit que cela fût plus rapide : il eût peut-être ainsi évité de périr sur un bûcher, en grande partie pour ses écrits.

 

Nicolas de Troyes.

Le Grand Parangon

des nouvelles nouvelles.

 

Publié d'après le manuscrit original (1535 ) par Émile Mabille. Réimpression de l'édition A. Franck (Bibliothèque elzévirienne), 1869. In-16 de XLVII-299 pages. Tiré à 200 exemplaires sur Ingres d'Arches.

36 €.

 

Nicolas de Troyes, « simple sellier », vivait sous François 1er. En même temps qu'il couchait par écrit les Cent nouvelles nouvelles, le Décaméron et bon nombre d'historiettes empruntées au Violier des histoires romaines, il insérait dans son recueil les anecdotes entendues durant ses voyages et les contes qu'il avait composés d'après ses propres aventures. Ce sont ces anecdotes et ces contes qu’Emile Mabille a sélectionnés d'après le manuscrit pour former, en 1869, la première édition imprimée du présent ouvrage.

 

Le Parangon des nouvelles honnestes et délectables.

 

Réimprimé d'après l'édition de 1531, et précédé d'une introduction par Émile Mabille. Réimpression de l'édition de Jules Gay, 1865. In-16 de XXI-170 pages.

18€.

Son auteur est demeure inconnu : « C'est vraisemblablement un de ces compilateurs anonymes, hommes de science et d'érudition du reste, comme le XVIe siècle en a tant produits, chargés par les libraires de composer ces petits recueils populaires, devenus si rares aujourd'hui » écrit Emile Mabille. On trouvera dans ce recueil d'histoires facétieuses des recoupements avec Legrand Parangon de Nicolas de Troyes.

 

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Francesco Petrarca.

De l'abondance des livres

et de la réputation des écrivains.

 

Traduit du latin par Victor Develay. Réimprimé d'après l'édition de la librairie des Bibliophiles, 1883. Brochure in-16 de 32 pages sur vergé de Rives.

4 €.

Le titre, qui semble d'une brûlante actualité, prend une signification tout à fait extraordinaire lorsqu'on s'aperçoit que ces deux petits textes rédigés sous forme de dialogues entre le Contentement et la Raison ont vu le jour une centaine d'années avant l'invention de l'imprimerie. Tout y est déjà, depuis l'inflation des titres jusqu'à la manie d'écrire qui s'empare de tout ni chacun, en passant par l'inutile (?) accumulation des livres. Ces deux dialogues sont extraits des Entretiens familiers sur la bonne et mauvaise fortune, manuel de morale pratique par lequel Pétrarque s'efforça d'aider ses contemporains à trouver des moyens de résister à la bonne comme à la mauvaise fortune, la première pouvant être parfois pire que la seconde.

 

Pogge.

Les facéties de Pogge, Florentin,

traitant de plusieurs nouvelles choses morales.

Traduction française de Guillaume Tardif, du Puy-en-Velay, lecteur du roi Charles VIII, réimprimée pour la première fois sur les éditions gothiques, avec une préface et des tables de concordance par Anatole de Montaigion. Réimpression à 200 exemplaires sur vergé de l'édition de Léon Willein, 1878. Petit in-8° de LII-351 pages.

24 €.

Poggio Bracciolini (1380-1459), humaniste italien de langue latine, fut secrétaire de divers papes et grand découvreur de manuscrits antiques. Ses travaux sont importants et touchent à beaucoup de domaines, depuis la philologie jusqu'à l'histoire en passant par la polémique. Ses Facéties demeurent son œuvre la moins oubliée et la plus intemporelle, sans doute parce que dépourvue de préjugés et écrite dans une langue vivante et légère. La traduction que nous reprenons ici, écrite à la fin du XVe siècle et publiée au milieu du XVIe, a gardé la saveur de l'original et un parfum d'époque qu'aucune des versions postérieures que nous avons consultées ne nous a semblé avoir préservés.

 

Recueils des plaisants devis récités

par les supposts du Seigneur de la Coquille.

 

Réimpression de l'édition de Louis Perrin, Lyon 1857 à 200 exemplaires sur vergé, in-12 de 187 p.

18 €.

« Précieux pour les bibliophiles de tous les pays, les Plaisants devis ont un intérêt particulier pour l'histoire de l'imprimerie lyonnaise : ces scènes mimées ont, en effet, pour auteurs et pour acteurs principaux des imprimeurs de Lyon (...) La grosse gaîté des Trois supposts du Seigneur de la Coquille et les récits des Plaisants devis ont un autre genre de mérite; ils révèlent des faits peu connus relatifs aux mœurs du temps ( ... ) Ces facéties sont un chapitre de l'histoire littéraire du XVIe siècle». — Jean-Baptiste Monfalcon.

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Joseph Vasselier

Almanach nouveau de l’an passé, 1785-1786

Présentation et note de Paule Adamy

280 p. 12 x 17 (rogné) 12,5 x 17,5 (non rogné) sur vergé de Rives naturel

18 €

L’auteur est un épicurien, libre-penseur proche d’un Voltaire. Postier, homme sociable et charmant mais peu soucieux de son succès, ses œuvres furent publiées après sa mort par ses amis. Apollinaire en fit paraître un choix de texte en 1913. Son Almanach est une parodie des autre bien sérieux et représente un bel échantillon de ce que l’on appelle « l’esprit du xviiie siècle, joyeux, frondeur et mécréant.

 

Verboquet le Généreux.

Les Délices, ou Discours joyeux et récréatifs,

avec les plus belles rencontres et propos sérieux

tenus dans tous les bons cabarets de France.

Réimpression de l'édition de Jules Gay, Bruxelles 1864. In-16 de 178 pages.

18 €.

 

« Nous serions fort embarrassé de deviner quel était ce Verboquet qui courait si bien dans les bons cabarets de France et qui devait résider à Rouen (...) Cet auteur, quel qu'il soit, n'a eu que la peine de s'approprier les contes les plus gras et les plus gaillards, qu'il a choisis dans les conteurs du XVIe siècle, et surtout dans Bonaventure des Périers

Il est probable cependant que plusieurs des contes de Verboquet soient de son cru ... Il est permis, aussi, de supposer que s'il les débitait en public du haut de ses tréteaux, il les assaisonnait à sa manière, en y rajoutant des grimaces et des gestes capables d'en relever le haut goût » (Paul Lacroix). La première édition de ce recueil est de 1623 ; il est ici réimprimé sur celle de 1640.

 

Vie et Actes trivmphans

d'une damoiselle nommée

Catharine des Bas-Souhaiz.

 

Réimpression textuelle de l'édition originale (1546) d'après l’édition de Jules Gay, 1862. In-16 de XIV-73 pages. Tiré à 200 exemplaires sur Ingres d'Arches.

12 €.

« La bonne damoiselle Catharine (les bas  souhaiz, femme d'un riche conseiller ait parlement de Bordeaulx, fut surprinse par son mary usant fort privement d'un sien particulier amy dont il la voulut cruellement tuer, pensant faire sacrifice bien aggréable à Dieu de user d'une telle vengeance. Mais à la parfin, lentiere reconciliation fut faicte par les subtiles remonstrances d'un fameux cordelier que on estimoit homme de bonne vie et grand observateur de la saincteté de l'ordre de sainct François, lequel, pour son salaire et juste récompense de son labeur, essaya au mieulx qu'il peut, d'entendre de quel goust estoit le doulx friuct des delices de la bonne damoiselle, et se feit scavant en la science des desirez plaisirs, dont elle faisoit part à ses aimés serviteurs ».

 

[Voisenon ? ]

Les exercices de dévotion

de M. Henri Roch avec Madame la duchesse de Condor,

par feu l'abbé Voisenon, de joyeuse mémoire

et de son vivant membre de l'Académie française.

Édition revue sur l'édition originale sans lieu ni date et sur l'édition de Vaucluse, 1786. Amsterdam [Bruxelles, Poulet-Malassis, 1864], in-16 de (8)-108 pages réimprimé à 200 exemplaires sur vergé de Rives.

14 €.

Ami de voltaire, qui l'appelait son « cher ami Greluchon », Claude de Fuzée, abbé de Voisenon (1708-1775 ) fut, comme Choisy, de l'Académie française. Type même de l'abbé mondain, il s'est distingué par ses contes libertins, ses poèmes galants et ses comédies qui occupèrent la scène durant une vingtaine d'années au milieu du XVIIIe siècle. Sa réputation permit sans doute à Meusnier de Querlon, polygraphe sympathique, utopiste et désintéressé, de lui attribuer ce livre posthume « trouvé parmi ses papiers ». Si la paternité en est incertaine, l'esprit y est de celui à qui on parlait de recevoir l'extrême-onction et qui répondait « qu'il n'aimait pas les huiles rances, ajoutant à une réponse aussi peu chrétienne une rechignade qui faisait rire tous ceux qui commençaient à pleurer sa mort ». L'abbé Duvernet dont nous présentons plus haut Les Dévotions de Mme de Bethzamooth  avait lu, à coup sûr, ce petit livre où la bigoterie se trouve, plus hardiment, confrontée aux diverses et roboratives péripéties de la séduction.

 

 

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XYLOGRAPHIE OUBLIÉES

 

 

 

 

L'Alphabet de la Mort,

de Hans Holbein

entouré de bordures du XVIe siècle

et suivi d'anciens poèmes français sur le sujet des trois mors et des trois vis,

publiés d'après les manuscrits par Anatole de Montaignon. Réimpression à 200 exemplaires sur vergé de l'édition d'Edwin Tross, 1856, in‑8° de 92 pages.

100 F/15,24€.

EPUISE

Le dessin de cet alphabet, gravé vers 1526 et où l'artiste a figuré la Mort entraînant des personnages de toute condition, a été attribué de longue date à Holbein par la nature du dessin, le caractère des costumes, l'expression des physionomies qui sont tout à fait dans sa manière. Ces lettrines sont ici mises en valeur par des bordures tirées des Heures de Simon Vostre (fin du XVe siècle), par un choix de sentences d'auteurs anciens ou de Pères de l'Église sur le thème de la Mort, et par différents dits des Trois mors et des trois vis.

 

Ars Bene Moriendi.

[suivi de]

Exercitium super Pater Noster.

 

Suite de gravures avec légendes. Reproductions photographiques de publications xylographiques du XVe siècle. Notices par Benjamin Pifteau. Paris, Delarue, s.d., in‑4° de 32 + 16 feuillets. Réimprimé à 200 exemplaires sur vergé de Rives.

72 pages au format 22,5x28 cm. ISBN 2-85452-172-2

19 €.

L'Art de bien mourir (vers 1435 ?) fat un des ouvrages xylographiques du XVe siècle les plus populaires, Il se compose de treize pages de texte gravé, en latin (préface et explications des images), et de onze superbes planches: des parents, des amis, mais aussi à l'avant ou à l'arrière-plan des saints et des démons de toutes sortes, voire des animaux et des figures emblématiques, assistent un montant. Satan tente de s'emparer de son âme, mais survient l'ange qui aidera celle-ci à gagner les régions de l'infinie félicité. L'Exercice sur le Pater Noster (vers 1470) présente en dix planches de très belle facture un moine apprenant d'un ange le meilleur usage du Pater. Cela les entraîne devant Dieu, au milieu des anges et des diverses allégories des vertus théologales ou des péchés capitaux, à l'entrée du purgatoire ou en enfer, pour terminer au paradis. Dans l'un et l'autre de ces deux recueils, les acteurs communiquent par phylactères, composant ainsi de véritables bandes dessinées en même temps que deux monuments « du cauchemar de la mort qui pesa sur le Moyen âge ».

 

commandes

 

La Grande danse macabre des hommes et des femmes,

suivie du Dict des trois mors et des trois vifz,

du Débat du corps et de l'âme,

et de la Complaincte de l'âme damnée.

 

Réimpression à 200 exemplaires sur Ingres d'Arches de l'édition de Baillieu (1862 ), petit in-4° de 66 pages.

EPUISE

 

Hécatomgraphie de Gilles Corrozet, libraire parisien (I540).

 

Préface et notes critiques de Charles Oulmont. Réimpression à 200 exemplaires sur vergé de Rives de l'édition d'Honoré Champion, 1905. In-16 de XXVII - 213 pages, 100 figures sur bois.

23 €.

 

Hécatomgraphie, c'est-à-dire les descriptions de cent figures et hystoires, contenantes plusieurs Appophtegmes, Proverbes, Sentences et dict tant des Anciens que des modernes précise le titre de 1540. C'est ici un «livre d'emblèmes» ou « recueil de devises » parmi les premiers en langue française (le premier à être illustré parut chez le même éditeur en 1539 : Le Théâtre des bons engins, de La Perrière). Il s'agit d'ouvrages présentant sous des figures souvent énigmatiques, tenant de l’hiéroglyphe ou du rébus, des préceptes moraux, règles de vie et toute autre manifestation du bon sens. Une belle exposition a remis en valeur ces livres à la Chapelle de la Sorbonne au cours de l'été 1993. (Catalogue de J. -M. Chatelain disponible chez Klincksieck ). Un humaniste hongrois, Sambucus, en avait donné cette définition en 1564 : « Nous nommons emblème toute proposition obscure de soy mesme, laquelle ne pouvant estre entendue de prime face, requiert une explication. Telles propositions sont ordinairement représentées par figures et peinctures expliquées par vers. Elles concernent volontiers les mœurs, et declairent les moyens de bien vivre » (Trad. de Jacques Grévin, Anvers 1570).

 

Seize facéties reproduites en fac-similé,

avec une notice bibliographique,

l'Ordre des Cocus Réformés

et le Tableau de la Grande Confrérie.

 

Réimprimé à 300 exemplaires sur vergé Légende d'après les Douze facéties de Gay et Doucé, Bruxelles 1881. Édition augmentée, in-4° de 84 pages, en feuilles sous couverture à rabats.

15 €.

 

Il s'agit ici, essentiellement, de facéties imprimées au XIXe siècle : Patentes burlesques (bavarde, paresseux, ivrogne, goutteux...) ; contrat scatologique (mariage) ; diplôme satirique (Ordre de la Girouette) ou encore facture loufoque ou passeport érotique. Les pièces concernant les cocus sont un peu plus anciennes (XVIIe et XVIIIe siècles). Nous avons précédemment utilisé deux de ces facéties pour offrir nos vœux à nos lecteurs (en 1992). Ces derniers sont donc déjà à même d'apprécier le contenu du présent recueil réimprimé en partie d'après des originaux, en partie d'après l'édition de 1881 évoquée ci-dessus.

 

 

Les Songes drolatiques de Pantagruel

où sont contenues plusieurs figures

de l'invention de maistre François Rabelais.

 

Avec une Introduction et des Remarques par M. Edwin Tross. Réimpression de l'édition d'Edwin Tross, 1870. In 8° de XX-(6)‑120 pages sur vélin ivoire des papeteries de Rives.

15 €.

Ce recueil de 120 figures grotesques n'est pas totalement inconnu. Eric Losfeld en a donné une édition, il y a une trentaine d'années et il en existe une autre en Suisse, publiée par la revue Vwa. Mais c'est un livre tellement agréable et drôle que nous n'avons pu résister au plaisir d'en redonner un tirage d'après les meilleures reproductions du XIXe siècle. Ces figures, attribuées à Rabelais (mais de publication posthume) ont donné cours, selon les éditions, à bien des commentaires et interprétations que nous nous garderons de répercuter, nous contentant, à l'instar de l'éditeur du XVIe siècle, de souhaiter au rêveur d'y trouver de quoi rêver, au mélancolique de quoi s'esjouir et au joyeux de quoi rire « pour les bigaretez qui y sont contenues ».

 

commandes

 

Le Triumphe de haulte

et puissante Dame Vérolle

Royne du Puy d’Amours

et le Pourpoint fermant à boutons.

 

Nouvelle édition complète avec une préface et un glossaire par M. Anatole de Montaiglon et le Fac‑similé des bois du Triumphe par M. Adam Pilinski. Réimpression de l'édition de Léon Willem, 1874, in 8° de 68-CLVIII pages. Tiré à 200 exemplaires sur Vergé de Rives.

21 €.

 

On redécouvrira dans ce recueil qui date de 1539-1540 la plupart des gravures qui devraient être réutilisées quelques années plus tard dans Le Triumphe de Haulte Folie. Ce n'est pas ici la folie humaine qui est visée mais bien cet autre fléau qu'est « la grosse vérolle, la galle de Naples, le pourpoint à boutons, la brigandine clouée,... le mal de Nyort, le maujoint », etc., ainsi qu'elle est déclinée dans la dernière partie du livre. Anatole de Montaiglon dans sa longue et minutieuse préface relève un certain nombre d'éléments qui lui permettent d'apparenter Dame Vérolle, notamment, aux Plaisants devis du Seigneur de la Coquille en ce qui regarde sa destination de montre ou mascarade — nous dirions aujourd'hui de procession — dont le texte imprimé serait en quelque sorte le livret : « Le Triomphe n'est pas un récit, une description, mais une chose réelle et en action. Les bois le disent encore bien mieux, par leur préoccupation des détails, par leur diversité de costumes, de caparassons, et par la décoration des chariots... »

 

Le Triumphe de haulte Folie.

 

Reproduction d'un poème lyonnais du XVIe Siècle ornée de figures sur bois et accompagnée d'une introduction et d'un glossaire par Anatole de Montaiglon. Réimpression de l'édition de Léon Willem (1880). In-8° de 16-LX pages. Tiré à 200 exemplaires sur Ingres d'Arches.

 

EPUISE

 

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GENS SINGULIERS

Volumes de format in-12,

Imprimé sur vélin de Rives ivoire.

 

 

 

Nombre d'écrivains du XIXe siècle vécurent de leur plume en pratiquant le journalisme et en publiant sous forme de feuilletons des œuvres qu'ils rassemblaient ensuite en volumes. Les portraits de personnages de toutes sortes se prêtaient merveilleusement à cet exercice et, le goût du pittoresque aidant, il se publia une belle quantité de notices sur des individualités insolites, historiques ou contemporaines. L'objet de cette collection est de réunir ces recueils pour les faire mieux redécouvrir à de nouveaux lecteurs. Chaque ouvrage est recomposé selon l'esthétique de l'époque sous une couverture qui pastiche la célèbre Bibliothèque Charpentier.

 

 

Eugène Baillet.

De quelques Ouvriers-poètes.

Biographies et souvenirs.

Réimprimé à 300 exemplaires d'après l'unique édition de 1898. 160 pages.

18 €.

Magu, Lapointe, Charles Gille, Ponty, Barrillot, Élisa Fleury, Élie Deleschaux, Voitelain, Poncy, Viellefont, Gilland, Georges Nicolas. Un recueil de portraits extrêmement rare, puisque l'édition de 1898 n'avait été tirée qu'à 100 exemplaires. C'est par un de leurs témoins que ces ouvriers-poètes sont ici évoqués avec émotion. Baillet, qui fut lui-même ouvrier, a toute sa vie recueilli et collectionné les œuvres de ses collègues poètes et chansonniers et s'est beaucoup battu pour les aider et les faire connaître.

 

 

Simon Brugal [Firmin Boissin].

Excentriques disparus.

Réimprimé à 300 exemplaires d'après l'unique édition de 1890. 176 pages.

18 €.

Poulalion, Petra-Protensis, Cirier, Mme Cornélie, Naündorff et Eugène Vintras, Varney, Œgger, Anna-Marie, Arcade d'Orient, Lapasse, Van Ktout, Paulin Gagne, Bertron, Pradier-Bayard, Tapon-Fougas, Labbé Cotton, Trapadoux, Thérion, Absent de la plupart des grandes bibliothèques, ce recueil rarissime s'inscrit tout à fait dans la tradition des Gens singuliers de Lorédan Larchey.

 

 

Champfleury.

Les Excentriques.

Réimprimé à 400 exemplaires d'après la seconde édition (1857). 352 pages.

24 €.

 

Da Gama Machado, Lamiral, Lucas, Jean Journet, Berbiguier, Rose-Marius Sardat, Cambriel, Carnevale, les communistes de Sainte-Croix, Jupille, l'élève de Moreau, Canonnier, Cadarnour, L'abbé Châtel, ]'Homme aux figures de cire, Bug-Jargal, Miette. La première édition est de 1852.

 

Décembre-Alonnier.

Typographe & Gens de lettres

 

Ré-imprimé à 500 ex. d’après l’unique édition de 1864 ; 480 p., nombreuses notices et illustrations d’époque.

30 €

Cet ouvrage brosse avec humour et réalisme le portrait d’une profession : celle de l’imprimerie. Chansons, poèmes, terminologie, 220 illustrations, 500 notices enrichissent cette œuvre oubliée appelée à devenir une référence dans l’histoire du livre.

 

Bruno Fuligni.

Les Constituants de l'Eldorado

ou La République de Counani.

 

1997. Imprimé à 500 exemplaires. 160 pages.

15 €.

« Des tentatives sont faites actuellement par quelques personnes en vue de créer une république indépendante à Counani, localité située dans le vaste territoire dont la France et le Brésil revendiquent également la possession depuis le traité d'Utrecht.

 

« Une pareille entreprise est en contradiction flagrante avec les revendications des deux Etats et avec le modus vivendi établi entre eux, en 1862, pour régler l'exercice de la police dans un territoire à la souveraineté duquel des tiers ne pourraient prétendre sans usurpation. Dans ces conditions, ni le gouvernement de la République française, ni celui de Sa Majesté l’Empereur du Brésil ne sauraient autoriser l'établissement de la soi-disant « république counanienne ».

in Journal officiel de la République française, 11 septembre 1887.

 

 

Théophile Gautier.

Les Grotesques.

 

Réimprimé à 400 exemplaires d'après la seconde édition (1853). 392 pages.

24 €.

Villon, Scalion de Virbluneau, Théophile de Viau, Pierre de Saint‑Louis, Saint-Amant, Cyrano de Bergerac, Colletet, Chapelain, Scudéry, Scarron. La première édition est de 1844.

 

 

Eugène Imbert.

La Goguette et les goguettiers.

Ré-imprimé à 300 ex. d’après 3e éd. de 1864, 300 p.

 

Témoignage sur ces sociétés chantantes principalement en milieu ouvrier des années 1830-70. Aspects sociaux, culturels, festifs et politiques.

 

 

Lorédan Larchey.

Gens Singuliers.

 

Réimprimé à 300 exemplaires d'après l'édition originale ( 1867). 216 pages.

18 €.

Castellane, Egerton, Malherbe, Lamothe, Brunoy, Guyard, Grimod de la Reynière, Danielo, Souworow, Doudeauville, Chodruc-Duclos, Pierre le Grand, Berbiguier, Bertron, Condé, Marey-Monge, Santeuil, Journet, Saint-Cricq, Lutterbach. Ce petit livre est l'un des plus concis du domaine des recueils de portraits. Il en constitue en quelque sorte le prototype.

 

Firmin Maillard.

Les derniers Bohêmes,

Henry Murger et son temps.

 

Réimprimé à 400 exemplaires d'après l'édition originale (1874). 288 pages.

21 €.

C'est toute la Bohême du Second Empire qui défile dans le Requiem de la Brasserie des Martyrs aux innombrables visages. Les inconnus les plus obscurs y côtoient les gloires parfois les plus éphémères, tandis que la Fosse commune (autre chapitre) déroule une suite de portraits brefs et incisifs, depuis Murger jusqu'à Pierre Dupont en passant, par Delvau, Baudelaire, Privat d'Anglemont, Glatigny, pour ne citer que les plus connus. L'un des plus noirs ouvrages sur la Bohême chantée par Murger.

 

 

Charles Monselet.

Les Oubliés et les Dédaignés.

 

Réimprimé à 400 exemplaires d'après les éditions de 1857 et de 1864. 472 pages.

27 €.

Linguet, Mercier, Dorat-Cubières, Olympe de Gouges, le Cousin Jacques, le chevalier de la Morlière, le chevalier de Mouhy, Desforges, Gorjy, Dorvigny, La Morency, Plancher-Valcour, Baculard d'Arnaud, Grimod de la Reynière. Cet ouvrage passe pour être le meilleur de Charles Monselet. Il a connu de multiples montures et éditions au XIXe siècle.

 

Paul de Musset.

Originaux du XVIIe siècle.

Galerie de portraits.

 

Réimprimé à 400 exemplaires d'après la 5e édition 1866). 384 pages.

24 €

 

Créqui, Mlle Paulet, Mariamé, M. de l'Épine, Rénevilliers, Michel Lambert, Fontenay, Gombauld, Patru, Les Précieuses, Gassion, Chainillard, Coîlin. La première édition est de 1848. Ce sont ici des portraits assez romancés mais merveilleusement écrits. Chacun d'entre eux constitue un véritable petit roman dont les héros ont une présence saisissante. Cette proximité avec le lecteur rend ce livre très attachant et en fait un chef-d'œuvre méconnu de la littérature du XIXe siècle.

 

Jules Vallès.

Les Réfractaires.

 

Réimprimé à 500 exemplaires d'après les éditions de 1866 et de 1881. 256 pages. 18 €.

 

Ce livre, dont la première édition est de 1866, rassemble principalement des portraits de personnages pittoresques, asociaux, « irrégliliers ». Des inconnus ou des oubliés : Fontan-Crusoé, Poupelin, M. Chaque, Cressot, Alexandre Leclerc. Un « réfiractaire illustre » : Gustave Planche. Mais encore des esquisses caustiques plus générales : les Réfractaires, les Victimes du livre, le Dimanche d'un Jeune homme pauvre. Enfin, deux nouvelles dont la plus longue, le Bachelier géant est un pur chef-d'œuvre de sensibilité, de finesse, de vérité : un monstre de foire y conte les drames sentimentaux et les péripéties « professionnelles » d'une vie surchargée de catastrophes, de peines et de mélancolies. Vallés dans ces pages constate plus qu'il ne dénonce, mais l'accent de révolte y est déjà auquel l'Insurgé donnera sa plénitude.

 

Baron Marc de Villiers du Terrage.

Conquistadores & Roitelets.

Les Rois sans couronne,

du Roi des Canaries à l'Empereur du Sahara.

 

Ouvrage illustré de cartes et de portraits. Réimprimé à 400 exemplaires d'après l'édition de 1906. 432 pages.

24 €.

 

« Cet essai sur les Roitelets réunit un certain nombre de grands aventuriers et de petits monarques dont les noms ne méritent guère d'être inscrits qu'en marge de l'histoire, ou insérés parmi les échos des journaux. Un seul lieu les réunit, un insuccès commun ; mais tandis que les uns se montrent simplement de pauvres besogneux, les autres se révèlent comme d'intéressants maniaques ». Parmi la trentaine de ces monarques d'occasion, les plus caractéristiques : Théodore 1er de Corse ; le comte Benyowszky, empereur de Madagascar; la Reine de Palmyre (Lady Esther Stanhope) ; Yakoob Beg, souverain du Turkestan oriental; Orélie 1er, roi d'Araucanie; le marquis de Rays et PortBreton ; Jules Gros, président de Counani ; Lebaudy, empereur du Sahara...

 

commandes

 

Teodor de Wyzewa.

Excentriques et aventuriers de divers pays.

 

Réimprimé à 400 exemplaires d'après l'édition de 1910. 320 pages.

21 €

Trois figures de voyageurs de la Renaissance. Un groupe d'acteurs ou témoins de la Révolution et du Premier Empire. Quelques silhouettes de mauvais compagnons (assassins de génie, mystificateurs littéraires...). Originaux de toute condition (un mystique, un nihiliste, un fonctionnaire, deux prolétaires).

 

Charles Yriarte.

Les célébrités de la rue.

Orné de 40 types gravés.

 

Réimprimé à 400 exemplaires d'après l'édition augmentée de 1868. 288 pages.

21 €

 

Fanchon la vielleuse, la Chanteuse voilée, Solsirépifpan, Chrodruc-Duclos, M. de Saint-Cricq, le Mapah, Miette, Carnevale, Journet, le Berger en chambre, Pradier le bâtonniste, l'Homme au pavé, les Enfants-orchestre et vingt-cinq autres chapitres tout aussi alléchants. La première édition est de 1864.

 

 

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ANCIENNETES

 

Charles Nodier.

Mélanges tirés d'une petite bibliothèque.

VIII-438 pages. ISBN 2-85452-244-3

27 €.

 

En 52 brefs chapitres, fallacieusement présentés comme des bavardages sur quelques livres rares, Nodier invente une forme d'érudition plaisante, poétique, capricieuse, qui se donne la fantaisie pour seule règle.

 

Nicolas Cirier.

L'Apprentif administrateur.

EPUISE (Malheureusement)

96 pages. ISBN 2-85452-176-5

18€.

Le chef-d'œuvre de Cirier, fou littéraire — «hétéroclite» — célébré par Queneau et Blavier, reproduit ici autant que faire se peut à l'identique, avec la complicité du Collège de Pataphysique et de la Bibliothèque de Reims.

 

 

[Henri Beauclair et Gabriel Vicaire].

Les Déliquescences,

poèmes décadents dAdoré Floupette,

avec sa vie par Marius Tapora.

 

Réimpression à 200 exemplaires sur vélin ancien de la seconde édition, « Byzance, chez Lion Vanné », 1885, in-16 de [80] pages.

12 €.

 

Habile Mystification des débuts du symbolisme, subtil pastiche qui raille les manies de l'avant-garde du moment, la rapidité des modes littéraires, les maîtres de la nouvelle école (Etienne Arsenal et Bleucoton!), ce petit livre connut un franc succès et provoqua bien des polémiques lors de sa parution. Il n'a aujourd'hui rien perdu de sa drôlerie, de sa finesse ni de sa pertinence. Il demeure un pamphlet charmant qui nous replonge sans transition dans l'atmosphère bouillonnante d'une fin de siècle encore singulièrement proche.

 

Camille B[erriat], Albert H[eimann].

Petit traité de littérature naturaliste

(d'après les maîtres).

 

Réimpression de l'édition de Léon Vanier, 1880. In‑12 de 205 p. Tiré à 200 ex. sur vélin ivoire des papeteries de Rives.

18 €

 

« Une fantaisie, une pochade littéraire esquissée à grands traits, en quelques jours » annoncent les auteurs. Mais c'est en fait un dossier fort bien construit et travaillé pour réduire le Naturalisme à néant : « Le Naturalisme nous rend esclaves de la nature et de la réalité, asservit la langue aux expressions les plus vulgaires, les plus basses, supprime toute poésie, toute croyance, fait appel aux instincts les plus grossiers, à tous les appétits sensuels, emporte, enfin, avec lui, selon l'expression de Victor Hugo, la nostaigie de l'obscénité ». Au-delà du document d'histoire littéraire, ce pamphlet soulève des questions toujours actuelles.

 

commandes

 

Anonyme.

Catalogue illustré

de l’exposition des Arts incohérents, 1884.

 

Réimpression à 200 exemplaires sur vélin ancien de l'édition Bernard, 1884, in-8° de ( 16)-163-XV pages. ( En voie d'épuisement.)

30 €

EPUISE malheureusement

« Arts incohérents — Académie du dérisoire », ainsi le musée d'Orsay titra-t-il le catalogue qu'il consacra en 1992 à une exposition temporaire sur ce « mouvement artistique » fantaisiste, caustique, humoristique et irrespectueux. Créateurs d'œuvres surprenantes, metteurs en scène de l'absurde, du calembourg et du pied de la lettre, précurseurs a-t-on dit du dadaïsme, les Incohérents ont sévi durant une dizaine d'années, de 1882 à 1893, et laissé à une postérité dont ils n'avaient que, faire la trace de nombre d'œuvres qui gardent aujourd'hui encore tout leur étonnant pouvoir détonnant. Parmi les catalogues qui immortaliseront leurs manifestations, nous avons Choisi celui de 1884, l’un des plus riches en illustrations. Art, anti-art ou non-art, ou pourra ainsi juger sur pièces !

 

Catalogue illustré

de l’Exposition des Arts incohérents, 1886.

EPUISE malheureusement

144 pages sous couverture de Chéret en quadrichromie. ISBN 2-85452-243-5

23 €.

 

Pour faire suite au Catalogue de 1884 quasiment épuisé, voici celui de 1886, toujours aussi caustique, étonnant et détonant, élevant le calembour et le mauvais goût au niveau de toute autre pratique artistique.

 

 

Champfleury.

Le Violon de faïence.

 

Dessins en couleur par M. Émile Renard, eaux-fortes par M.J. Adeline. Réimpression à 1 1000 exemplaires sur vélin de Rives ivoire de l'édition d'Edouard Dentu, 1877, in-8° de VIII-173 pages, 32 vignettes et ornements en quadrichromie. Coédition avec les Éditions des Cendres, Paris.

30 €.

 

« Il y a une quinzaine d'années, alors que la fièvre de la céramique emportait l'auteur de ce Conte par monts et par vaux, il fut mis en rapport, grâce à la franc-maçonnerie des collectionneurs, avec un certain nombre de personnes de diverses classes, atteintes de la même passion. Un des plus ardeurs chercheurs à rompre la monotonie de la vie provinciale par une poursuite sans relâche des objets d'art, mit un jour sous les veux du voyageur un violon de faïence et lui conta en quelques mots les pérégrinations de l'instrument, avant qu'il fit partie de sa collection. L'homme avait accroché un drame au mur de son cabinet, sans y prendre garde. Il n'en fut pas de même du conteur » C'est à partir de faits véritables et de personnages tout droit sortis de la réalité que Champfleury compose son Violon de faïence, récit d'une étrange histoire de collection et de collectionneurs.

L’édition d'Édouard Dentu que nous avons reproduite à l'identique, avec ses 32 dessins en couleurs, est considérée comme l'une de ses plus belles réalisations. Mais jamais encore ce livre fort recherché par les amateurs de musique et de faïences, les collectionneurs passionnés et les bibliophiles, n’avait connu de réédition.

 

René Ghil.

Légende d'âmes & de sangs. Des vers.

 

Réimpression à 200 exemplaires sur vélin ancien de l'édition Frinzine, 1885. Petit in-8° de 180 pages.

21 €.

Ce premier livre de René Ghil fut passionnément discuté lors de sa parution, La préface expose des conceptions de la poésie qui n'avaient pas encore cours ; Ghil s'y réclame tout à la fois de Zola et de Mallarmé, et revendiquant le titre de réaliste il y expose cette double exigence : étudier le réel au moyen de la science et l'exprimer poétiquement par une écriture impressionniste qu'il définissait comme « le frémissement de la vie sur le papier ». Ses vers sont extraordinairement travaillés, martelés, assonances, rythmés. Dès ce premier livre le souci de construction, de cohésion, de mouvement qui hantera toute « l'Œuvre » à venir se révèle totalement.

 

Ambroise Macrobe [Antoine Laporte]

La Flore pornographique.

Glossaire de l'école naturaliste

extrait des œuvres de M. Émile Zola et de ses disciples.

 

Illustrations par Paul Lisson. Réimpression de l'édition Doublelzévir, 1883, in-12 de 226 pages.                               18 €.

 

« Nous avons cueilli, dans le jardin pornographique, les fleurs nées de la culture du réalisme et du naturalisme ; nous en avons formé une gerbe, une corbeille que nous présentons au public (...) Quand ou voit ce qu'est devenu le latin entre les mains des notaires et des pères de I’Eglise, n'est-on pas en droit de se demander ce que deviendra le français sous la plume des pornographes de l'école moderne ? »

 

Alfred de Musset.

Lettres de Dupuis et Cotonet au directeur

de la « Revue des Deux-Mondes ».

 

Première édition séparée, tirée à 400 exemplaires sur vélin de Rives ivoire. Un volume in‑12 de 112 pages. 14 €.

 

Deux provinciaux, qui auraient petit-être un brin de parenté avec Bouvard et Pécuchet, s'interrogent sur le Romantisme dont ils ne parviennent pas, après dix ans d'efforts, à comprendre la nouveauté. Ils retracent, pour le directeur de la Revue des Deux-Mondes, la découverte qu'ils en ont faite et leurs tribulations pour lui trouver titi semblant de définition. Puis ils s’attaquent avec plus de certitude aux « humanitaires » (entendez les socialistes et utopistes de toutes tendances) et à leurs idées sur la perfectibilité humaine. Viennent ensuite ce que l’on appellerait aujourd'hui les média, la presse toute-puissante, qu'ils égratignent, avant de s'attaquer à l'hypocrisie et aux ridicules de leur siècle : « On dit que l'humanité marche ; c'est possible, mais dans quoi, bon Dieu ! » Musset brosse à travers tout cela un portrait caustique et assez pessimiste de soit époque, qu'il invite cependant à reprendre ses esprits : « N'avalez pas d'opium ce soir... avalez-moi une aile de perdrix et un verre de Matière». Un pamphlet méconnu qui tente de trouver l'équilibre entre des excès contraires et qui conserve par là même toute sa fraîcheur et son actualité.

 

Charles Nodier.

Mélanges tirés d'une petite bibliothèque,

ou Variétés littéraires et philosophiques ;

par Charles Nodier, Chevalier de la Légion d'Honneur,

Bibliothécaire du Roi à l’Arsenal.

 

Réimpression de l'édition de Crapelet, Paris 1829, in-8° de VIII‑428 pages.

 

27 €.

 

De la digression considérée comme un des beaux-arts. En cinquante-deux brefs chapitres, fallacieusement présentés comme des bavardages sur quelques livres rares, Nodier invente une forme d'érudition plaisante, poétique, capricieuse, qui se donne la fantaisie pour seule règle et dont le secret ne s'est pas retrouvé après lui. Passant dans cet étonnant volume d'une «théorie complète des éditions elzéviriennes» a des « recherches archéologiques et entomologiques sur le scarabée sacré des Égyptiens » le lecteur « passe des heures musardes à y grappiller sans besoin, à y ronger avec délice » (Sainte-Beuve). Jamais réédités depuis 1829, les Mélanges sont le dernier grand livre introuvable de Charles Nodier, et peut-être le plus représentatif de l'esprit de son auteur.

 

commandes

 

Charles Nodier.

Études sur le seizième siècle,

et sur quelques auteurs rares ou singuliers

du dix‑septième.

Textes choisis et présentés par Jacques-Remi Dalian. 2005, in-8° de 448 p. sur vergé Cépage naturel.

Edition originale de ce recueil de Nodier

30 €

On trouvera ici la totalité des écrits voués par Charles Nodier à une de ses plus constantes passions : les auteurs du XVIe siècle et du début du XVIIe, en lesquels il voyait les inventeurs de notre langue française moderne. Auprès de textes essentiels sur Rabelais, Bonaventure des Périers ou Cyrano de Bergerac, on découvrira des pages moins connues sur Clément Marot, Étienne Dolet, François Hotman, la Satyre Menippée, la littérature macaronique, Claude de Chaulne et Jacques de Cailly. Le volume se conclut par la reproduction des premiers articles littéraires écrits par un jeune homme de vingt ans (1800) ; et un choix de notules bibliographiques, destiné à faire suite aux Mélanges et aux Nouveaux Mélanges tirés d'une petite bibliothèque. Enfin, un copieux appareil critique resitue les connaissances de Nodier par rapport aux avancées de la recherche contemporaine.

 

Lettre inédite de Philothée O'Neddy, auteur de Feu et Flamme, sur le groupe littéraire romantique dit des Bousingos.

 

Réimpression de l'édition P Rouquette, 1875, in‑8° de 16 pages. Tiré à 50 exemplaires sur pur fil Johannot et 150 exemplaires sur Ingres d'Arches.

8 €.

Cet opuscule remet en lumière le groupe des « Bouzingos » qui ne sont autres, à y bien regarder, que les Zutistes, les Hydropathes, les Zazous de 1830, évoqués avec finesse et en connaissance de cause par Théophile Dondey, dit par anagramme Philothée O'Neddy, l'un des chantres les plus fougueux du Romantisme naissant, l'une des gloires des « Jeune‑France » (groupe d'artistes échevelés et débraillés dont Gautier, Nerval et Petrus Borel fureur les principaux protagonistes), et l'un des créateurs involontaires du « Bouzingotisme » qui fut l'une des petites terreurs de la bonne bourgeoisie sous la Monarchie de Juillet.

 

Le Parnassiculet contemporain.

 

Recueil de vers nouveaux, précédé de l'Hôtel du Dragon-

Bleu et orné d’une très‑étrange eau‑forte. Deuxième

édition, augmentée de neuf pièces inédites, non moins

surprenantes que les premières, attribuées aux mêmes

auteurs et découvertes après leur mort.

[Par Paul Arène, Alfred Delvau, Jean du Boys, Alphonse Daudet, M. Renard ; eau‑forte de Delor].

Réimpression de l'édition de J. Lemer, 1872. Petit in‑8° de 52 pages. Tiré à 200 exemplaires sur Ingres d'Arches. (En voie d'épuisement.)

12 €.

Les différentes tendances de la poésie moderne regroupées en 1866 autour de l'éditeur Lemerre publient un recueil de « vers nouveaux » : Le Parnasse contemporain. On y trouve, parmi d'autres, Gautier, Banville, Leconte de Lisle, Louis Ménard, Hérédia, Baudelaire, Coppée, Verlaine et Mallarmé. Un tel ensemble faisant figure de manifeste ne tarda pas à susciter des réactions. Il y eut les 37 médaillonnets du Parnasse contemporain de Barbey d'Aurevilly, puis le Parnassiculet contemporain, paru anonymement, délicieux recueil de parodies des poètes parnassiens, enrichi d'une préface qui décrit caricaturalement un cénacle enfumé. Ce petit recueil fit grand bruit et préfigura Les Déliquescences d'Adoré Floupette précédemment décrites.

 

Jacques Plowert [Paul Adam].

 

Petit glossaire

 pour servir à l'intelligence

des auteurs décadents et symbolistes.

 

Publié en octobre 1888 par Vanier, Bibliopole, Paris. In-12 de III-98 pages. Réimprimé à 200 exemplaires sur vélin ivoire des papeteries Canson.      

EPUISE

 

Saint-Pol-Roux.

 

Anciennetés, poèmes.

 

Réimpression à 100 exemplaires sur vélin ancien de l'édition de la Société du Mercure de France, 1903. In-12 carré de 80-(10) pages.

15 €.

Saint-Pol-Roux « le Magnifique », en qui les Surréalistes voyaient l'un de leurs précurseurs, vécut comme une sorte de mage et de prophète de la parole poétique : « Dieu manifesté dans l'humain, c'est tout le chaos informulé du monde rendu clair par ce médiateur qu'est le poète ». Avant côtoyé les poètes ésotéristes et rosicruciens groupés autour de Péladan, il fonda la théorie de l'Idéo-réalisme dont on retrouvera l'influence chez Maeterlinck, René Ghil, et plus tard chez les Futuristes. C'est en 1903, qu'il réunit le présent recueil qui fut pour lui en quelque sorte un « album de vers anciens ». Toute la puissance de son inspiration s’y révèle en des poèmes extrêmement travaillés, joyaux du Symbolisme, dont par ailleurs il ne se réclamait pas.

 

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AUTRES LIVRES AUTOUR DU XIXe SIÈCLE.

 

Paule Adamy.

Les Goncourt, à-côtés. Les Frères pastichés.

224 p. illustrées. Index des noms cités, Couverture à rabats en quadrichromie.

20 €

Cinq parodies ou pastiches aux auteurs inattendus : Lemercier de Neuville, Charles Maurras, Francis Chevassu, les Veber (dont jean, illustrateur réputé), Pierre Benoit…

 

Abbés Julien Barault et Joseph-Hyacinthe Taillefer.

Manuels de l'œuvre des Bons livres de Bordeaux.

 

Réimpression complète de l'édition Lafargue et Gauvry jeune (1834) avec Introduction et Postface par Noë Richter. In-16 de 368 pages, impression sur vergés blanc et ivoire.

24 €.

Ces deux petits manuels font le bilan des premières années d'une expérience sans précédent dans l'histoire des bibliothèques. Ils décrivent le premier réseau français de bibliothèques circulantes remettant ainsi en question l'antériorité et la portée de l'influence américaine sur l'organisation de la lecture rurale en France. L'accord fondamental entre l'action catholique et l'action laïque sur la propagation du bon livre a généré une pratique aujourd'hui normalisée et les institutions sont regroupées dans trois grands ensembles : secteur public, Bibliothèques pour Tous, bibliothèques des comités d'entreprise. Replacés dans cette perspective historique, les manuels bordelais de 1834 éclairent la cohérence profonde du mouvement social qui a porté et guidé la trajectoire des institutions de lecture de masse. L'accumulation des expériences pendant deux siècles et la concentration des institutions ont permis l'émergence de politiques de développement à partir de 1936. Il est remarquable que ces politiques n'aient jamais remis en cause la formule du réseau centralisé de bibliothèques roulantes inventée entre 1812 et 1820 par un prêtre obscur et inspiré du diocèse de Bordeaux, l'abbé Julien Barault.

 

 

Didier Barrière.

 

Nodier l'homme du livre.

 

Le rôle de la bibliophilie dans la littérature. 1989, 328 pages illustrées. (L'Atelier du xixe siècle).                                  23 €.

 

L'écrivain bibliophile Charles Nodier (1780-1844) occupe une place originale dans le mythe du Livre an xixe siècle. Il fut attentif à toutes les questions que soulève l'existence de l'objet imprimé : source de science et d'erreurs, marchandise, accessoire décoratif ou instrument spirituel. L'une des ambitions du présent ouvrage, orné de vignettes romantiques sur le thème du Livre, serait de fournir, en reposant de telles questions, de nouvelles raisons d'être à l'édition d'aujourd'hui.

 

 

Jules Barbey d'Aurevilly.

Du dandysme et de George Brummell.

 

Édition présentée et annotée par Marie-Christine Natta. 1988, 216 pages. (L'Atelier du xix e siècle).

14 €.

« Brummell n'appartient pas à l'histoire politique de l'Angleterre (…). Sa place est dans une histoire plus haute, plus générale et plus difficile à écrire — l'histoire des mœurs anglaises — car l'histoire politique ne contient pas toutes les nuances sociales, or toutes doivent être étudiées » (Barbey). Cette « étude sur un homme qui tira sa célébrité de son élégance » est publiée pour la première fois avec un appareil critique qui en éclaire la genèse et la situe dans la vie et l'œuvre de Barbey.

 

commandes

 

Victor Hugo & Charles Nodier.

Correspondance croisée.

 

Édition établie et annotée par Jacques-Rémi Dalian. Préface de Raymond Setbon. 1987, 200 pages. (L'Atelier furtif).

12 €.

50 lettres échangées par Hugo et Nodier de 1823 à 1835 ressuscitent, au-delà d'une amitié pas toujours désintéressée et parfois même purement formelle, toute une époque par l'évocation de multiples faits et personnages pour la plupart oubliés (et que l'appareil critique resitue avec précision). D'importantes annexes reproduisent les textes évoqués dans la correspondance et permettent une parfaite compréhension de celle-ci.

 

Edmond Thomas.

Voix d'en bas. La poésie ouvrière du xixe siècle.

 

Traduction des poèmes occitans par Jean-Marie Petit. (Reprise du volume publié par François Maspero en 1979). 464 pages.

12 €.

 

«Le xixe siècle a connu une floraison incomparable de poètes ouvriers, paysans, artisans qui ont suscité les passions d'une George Sand, d'un Lamartine, d'un Victor Hugo. Cette poésie a été largement reconnue entre 1830 et 1848, deux dates-symboles des espérances et des défaites populaires. Si elle ne constitue pas une « grande » poésie, elle a du moins l'avantage de renseigner en profondeur sur la culture, la vie ouvrières... Environ cent vingt poètes sont regroupés dans cette anthologie. Si certains noms sont arrivés jusqu'à nous (Jasmin, Victor Gelu), la plupart des autres seront des révélations ». — Les Nouvelles Littéraires.

 

Voir également Plein Chant, 1979, n°4

 

 

Catalogue des arbres à fruits cultivés dans les pépinières des R.P Chartreux de Paris, 1775.

 

Publié par M. Jules de Liron d'Airoles. Réimpression à 300 exemplaires sur vergé de l'édition de Nantes, A. Guéraud, 1862, in-16 de XV-82 pages. Coédition avec la Librairie Bruno Sépulchre, Jarnac‑Paris.

 

EpuisE, (malheureusement).

 

 

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Livres d’aujourd’hui

 

LA FONT SECRÈTE

 

 

 

Didier Ard.

Gestes.

 

Édition revue et augmentée, illustrée par Daniel Simon Faure et par l'auteur. 1984, 72 pages. (Derniers exemplaires)

7 €.

 

« Dans une représentation de réalisation exquise, ces petites histoires courtes et portraits saisissants sont autant de " pointes sèches" où le maximum est concis au minimum, en donnant entière plénitude et intensité à une langue juteuse et enluminée qu'on goûte à petites gorgées ainsi qu'un livre pétillant, on un vin de velours capiteux » . —La Dépêcbe du Midi.

 

 

Bernard Blangenois.

Une saison espagnole.

 

Récit. Couverture de Gilles Chapacou. Deuxième édition, 1988, 72 pages.

7 €.

Un récit où l'amour prend ses dimensions universelles à travers la redécouverte sur une terre sauvage des lois naturelles. Les faits extérieurs, les divers représentants de toits les règnes de la nature ne sont pas considérés par les acteurs de cette aventure comme des éléments, du décor niais comme parties intégrantes de leur quotidien et du monde. Cette confiance chaque jour renouvelée fait de ce petit livre, le premier publié, cri 1977, par Blangenois, un inoubliable acte de foi dans la vie.

 

commandes

 

Dominique Bleton.

 

Fauvette, si tu viens à passer par là, chante-leur ta plus belle chanson.

 

Illustrations de Marie-Odile Desjonquères. 1984, 84 pages.

7 €.

« Plusieurs écrivains, depuis Édouard David, ont évoqué le quartier Saint-Leu d'Amiens. Dominique Bleton nous entraîne dans la vie de ce quartier ancien, populaire, avec ses dernières nouvelles de Saint-Leu. Elle dit la vie des gens de Saint-Leu, elle écrit ces histoires avec un sens très vif dit croquis, du portrait, dans un langage qui retrouve la justesse naturelle des mots ».

 

Jean-Louis Chauvin.

Prairies, poèmes.

 

Vignettes de Gilles Chapacou. 1989, 80 pages.

8 €.

   La poésie de Jean-Louis Chauvin, cérébrale et sensuelle, ethnographique et magique, évoque des terroirs souvent mythiques où l'humain s'intègre et s'accorde aux êtres et aux choses. Un regard incisif s'y perd dans les couchants d'automne, sur un univers qui se défait, s'endort ou s'enfonce dans la peu métaphorique nuit des temps. Le poème nous en conserve l'image mystique, nous rejouant par là son tout premier rôle, celui d'être la mémoire du monde.

 

Étienne Collet.

Fêtes de la terre & autres poèmes.

 

1988, 80 pages.                                  7 €.

 

« Né à Uzès en 1927, celte, homme des champs se louant à la tâche dans les villes, grand-père, rhumatismes et mauvais caractère » : ainsi se définir l'auteur de ces poèmes solaires et fraternels glanés parmi la récolte de quarante années de poésie. Il s'agit sans doute de l'œuvre d'un amateur construite hors du « champ littéraire » mais elle est riche d'un regard intérieur, élémentaire, sur les choses de la vie et cela lui donne un ton de journal intime où chacun peut retrouver l'écho de ses propres préoccupations.

 

Joël Cornuault.

Géographies humaines & autres textes.

 

Frontispice de Luc Blanchard. 1985, 92 pages.

7 €

 

« De brefs récits associant une analyse fine des liens qu'entretient l'homme avec les lieux qu'il habite et titi art de vivre dans l'humour, ce qui évite d'être négatif ou grincheux », Y. Pelletier, Pèlerin-Magazine.

 

Joël Cornuault.

Portraits de Florentin, précédé de Apprentissages.

 

1987, 88 pages.                                 7 €.

 

Tranches de vie d'un rêveur définitif sous la forme de fables caustiques et attendries, les Portraits de Florentins donnent à Joël Cornuault l'occasion d'écrire l'éloge de la fraîcheur dont, à nos plus beaux moments, nous sommes, malgré tout, demeurés capables. Les Apprentissages sont quelques-uns de ces « souvenirs déterminés » de l'enfance, ces « chocs très légers» qui nous confrontent dès le commencement aux questions les plus élevées.

 

Joël Cornuault.

Les Attachements.

Lithographie de Jean-Luc Axelrad. 1989, 80 pages.

8 €.

« Rien de grand ne se fait sans un attachement » a dit Jean Grenier. Le troisième livre de Joël Cornuault est une méditation entre réflexion et récit, entre carnet de bord et souvenirs, sur ce qui mérite a ses veux qu'on s'attache, aux lieux, aux êtres, aux choses, à la « chair du monde » Les jeux de la mémoire s'ouvrent ici sur un cheminement discret parmi les choses de la littérature et de la vie.

 

Joël Cornuault.

André Breton & Saint-Cirq-Lapopie.

2003, 46 pages.

8 €.

 

André Breton passa ses étés, de 1951 à sa mort en 1966, dans le Lot, à Saint-Cirq-Lapopie. Ce village qu’il plaçait sous l’invocation de Rimbaud et des Très riches Heures du duc de Berry, fait désormais partie de sa légende. Mais que venait chercher (au sens fort du terme) l’un des principaux animateurs du surréalisme, loin des bases urbaines où le mouvement s’était développé ?

Comment voyons-nous le monde après le surréalisme, voir, est-ce suffisant pour bâtir et pour aimer ce monde … ?

 

 

Colette Coué.

Jardins suspendus.

 

1997, 48 pages.                                  8 €.

 

Voici les fleurs d'un jardin secret plus suspendu dans le temps que dans l'espace. S'y élève un chant obscur, la saga d'une âme condensée en quelques images comme autant de gouttes de rosée. Le poème y perle sur le papier ainsi que l'eau sur la douceur du pétale. Il s'y dépose avec un effet de loupe qui Y agrandit jusqu'à l'émerveillement le motif rare, la parole riche qui s'irise en arc-en-ciel éblouissant. Voici les pas cherchant dans l'herbe du matin le chemin de la lumière ut de l'eau. Une quête incessante, élémentaire, de plénitude. Voici un monde végétal, animal, humain, naturel, où l'âme se brûle ail feu de questions éternelles. Le rêve y cautérise à petites touches les plaies les plus vives. Voici des poèmes difficiles mais exigeants, qui ne livrent pas tout de leur auteur mais paient largement leur tribut à l'émotion, ait partage des sentiments, à la beauté, à la vérité nue.

 

Jean-François Dubois.

Limonaires.

 

1986, 80 pages.                             7 €.

 

« La musique [de ces textes], pour ne pas parler du temps qu'ils essayaient de retrouver, petit être rapproché de celle des orgues Limonaire qui scandaient autrefois la ronde inlassable des chevaux de bois dans les fêtes foraines. Ce type d'instrument représente assez bien aussi le mouvement de mémoire qui a fait naître de telles évocations et, lui seul, les soutient. On dira donc limonaires, comme ou aurait pu dire, avec au moins autant de justesse, cartes postales ou toiles peintes. »

 

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Jean‑François Dubois.

Les Unes & quelques autres.

 

Poèmes. 1989, 48 pages.                  8 €.

 

Les unes et quelques autres... personnages, comme ceux qu'aimaient évoquer Charles Bourgeois et Jean Follain. Réels ou fictifs, vivants ou plus souvent morts, illustres à quelque degré ou plus souvent humbles : l'auteur appelle à témoigner, dans une convivialité de rêve, les figures, parfois tutélaires, de son paysage intérieur. Un prix de Rome côtoie un valet de ferme, une servante écartée nue religieuse. Beaucoup de femmes humiliées, méprisées, sublimées. La pitié s'allie a la cruauté. La piété descend sur les créatures.

 

Laurent Grisel.

Poèmes brefs, poèmes faciles à lire.

 

1986, 56 pages.                                 7 €.

 

Des poèmes simples aux motivations extrêmement complexes : sous des apparences paisibles, l'auteur tente ici un travail original d'introduction « de thèmes ou de moyens d'expression alors mal vus » dans l'écriture poétique, thèmes ou moyens étroitement liés aux formes de la réalité « qu'il faut tirer par les cheveux ». Sans couper ces derniers en quatre, on petit reconnaître que si la théorie reste incertaine, le résultat est probant les thèmes sont insolites, l'écriture, le ton, le rythme sont singuliers.

 

Irène Hamoir.

Croquis de rue.

 

Présentation d'Alain Delaunois. 1992, 104 pages.

9 €.

Il fut un jour demandé à Irène Hamoir, la compagne de Scutenaire, de rédiger pour le quotidien Le Soir de Bruxelles un billet d'humeur, ou d'humour. Parfois le sujet en était déterminé par l'actualité, parfois par le rythme des saisons, le plus souvent la rédactrice était libre de sa plume. Voici ces billets retrouvés, voici revivre une époque où l'on parlait des spoutniks et de M. Gallup, où le tramway vous emmenait visiter l'Atomium à l'Expo de 58, où la Belgique achetait encore des billets à la Loterie Coloniale, où les policiers prenaient des gants (blancs) pour vous emmener au poste, où Bruxelles était déjà la proie des démolisseurs. Ici graines d'aphorismes et pointes d'humour percent avec malice, pour le plus grand plaisir du lecteur d'alors — et d'aujourd'hui.

 

 

André Henry

Vingt-cinq photographies

suivies de

Vingt-cinq tombes.

Poèmes. 1989, 72 pages.                  8 €.

 

« On pourrait se demander pourquoi j'ai réuni dans un même recueil des photographies et des tombes. La réponse qui me vient est que cette rencontre est purement fortuite. Mais à la réflexion ce n'est peut-être pas tout à fait exact en ce sens que les photographies et les tombes sont les instruments les plus communs de nos commémorations. Et chaque photographie est un peu le tombeau lumineux d'un instant à jamais écoulé et à jamais immobilisé de la vie tour à tour paisible et tragique des hommes ». — André Henry.

 

André Henry.

As-tu le regret de la terre ?

 

Poèmes. 1992, 48 pages.                 7 €.

 

Ces poèmes écrits pendant la maladie et après le décès de l'épouse d'André Henry prolongent un dialogue d'amour confiant qui a duré quarante-six ans. Leur ton pathétique reste celui qui animait les précédents recueils de ce poète, depuis notamment Paroles pour ceux de l'autre nuit (1969).

 

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Andrée Hyvernaud.

Au bord des mortes eaux

précédé de

Qui mène au soir

 

Poèmes. 1999, 96 pages.                  11 €.

 

« C'est à Georges Hyvernaud que l'on doit le choix, le titre, et même l'avant-propos du premier de ces deux ensembles de poèmes : « Qui mène au soir » — au soir de notre vie où, rangeant des papiers divers dans notre petite maison de Saint-Valery-sur-Somme, il les avait relus et classés. Mais ils y restèrent dans un tiroir jusqu'à sa mort. Depuis, c'est la précieuse mémoire de ce qui fui, de ce qu'il fut, que les derniers poèmes « Au bord des mortes eaux » tentent de faire revivre encore un peu. » — A. H., 20 mai 1999.

 

François Mary.

Voyage immobile.

 

Récit, Linogravures de Jean-Pierre Thomas. 1982, 88 pages.

7 €.

Ces pages où se déroulent dans une mémoire bouleversée bien des rêves et des cauchemars font résonner en nous comme l'écho d'un crissement d'ongles sur la rugosité d'un ciment tout neuf. Un ton d'une sincérité rare, une écriture intensément intérieure. Les illustrations serrent dans leur expressionnisme le texte de très près.

 

François Mary.

La Part de l'ombre.

 

Récits. Couverture de Jean-Pierre Thomas. 1994, 80 pages.

9 €.

François Mary pratique une forme rare de littérature : comme Druelle ou Guyotat, il travaille par séquences et il a des affinités avec ces deux écrivains. On retrouvera ici le ton du Voyage immobile, mais la peinture s'est durcie encore, pour devenir « éclairs de rage comme l'envers d'une tendresse mutilée », « claquements sous l'effet du dégel » L'auteur y jette un regard constant sur différents malades ou marginaux de notre belle civilisation, en quête désespérée d'eux mêmes et de l'autre. Et s'il se tourne singulièrement vers l’homosexualité ce n'est pas sacrifice aux thèmes du jour mais offrande par l'écriture au dénuement, à l'errance, « loin de l'hostilité des jours, où tombent comme de grands pans de nos vies amenuisées »...

 

 

Pierre Moussarie.

Chemin vicinal,

suivi de

Campagne

et de

Poèmes inédits ou retrouvés.

 

Édition établie et présentée par François Mary. 1997, 96 pages.

11 €.

« Presque vingt ans après que Pierre Moussarie nous a quittés, ses poèmes n'ont pas pris une ride. L'émotion — une émotion vive — jette des lueurs sous l'ironie qui, parfois, la recouvre. Car elle reste un refuge pour cet homme pudique (presque secret), très présent dans son œuvre, qui se dérobe alors que le lecteur croit pouvoir le saisir.

Le monde élémentaire d'une nature à laquelle Moussarie se sent viscéralement attaché lui parle, le sollicite ou l'émeut. Poussé vers les êtres, il observe d’un regard bienveillant petites gens et hommes obscurs que le destin a mis sur son chemin. Il est à la fois très lié à son terroir : le village de Rouffiac, dans le Cantal, et fasciné par les nomades, les gens du cirque, les apatrides. Ses poèmes s'adressent à cette part d'enfance, souvent enfouie chez l'homme. Qui peut enfin remonter au grand jour, (Comme celle d'un ami, la voix est proche, familière). Nous libérant de l'oppression des « jours hostiles », ils décrivent autour de nous des cercles de lumière ». — François Mary.

 

Jean-François Pocentek.

Les mangeurs de pommes de terre.

1992, 88 pages,

9 €.

Quand il peint Les mangeurs de pommes de terre, Vincent Van Gogh veut qu'on ait l'idée que ces petites gens qui, à la clarté de leur lampe, mangent des pommes de terre en puisant à même le plat avec les mains, ont eux-mêmes bêché la terre où les patates ont poussé. Les nouvelles rassemblées dans ce livre appartiennent au même mouvement : peindre des gens dans la simplicité de ce qu'ils sont, de ce qu'ils vivent, de ce qui les entoure. C'est une marche à travers les corons du Hainaut français, les villages du Nord ou de Belgique, dans une sympathie avouée petit ces petites gens. Une marche au rythme d'un homme qui vécut avec eux et qui les perpétue à travers l'écriture.

 

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Éric Rouzaut.

Chemins en parallèle.

1989, 104 pages.

8 €.

Il y a mille façons d'aborder le vovage. Ce petit livre n'en retient que deux. Deux itinéraires, deux interprétations des mêmes mots, deux narrateurs. Peu importe leur nom, leur histoire. L'un entreprend un trajet en train, le second égrène quelques souvenirs rapportés des chemins. Leurs observations, leurs sensations, aussi différemment s'expriment-elles à propos de la lumière, de l'ennui, du vide ou de l'absurde, se rejoignent, parfois en d'étranges lieux.

 

Jean-Benoît Thirion.

Le Théâtre Gémir

 

Illustrations de l'auteur. 1986, 80 pages.

7 €.

 

Un recueil de « proses poétiques » qui sont autant de petits tableaux de la vie quotidienne observés et vécus à travers les prismes de la dérision, du tragique, de l'onirisme. La réalité y apparaît sous la forme d'objets en perpétuel mouvement, tour à tour agressifs ou insaisissables. Dans cet univers à la fois hostile, mouvant et grotesque, le narrateur, s'aidant d'un trop encombrant balancier, évolue comme un baladin incertain, transformant son existence en une sorte de « grand art funambulesque » permanent dont l'humour grinçant constituerait en quelque sorte le point d'orgue.

 

Jean-Benoît Thirion.

La Bibliothèque de Tournefeuille.

Linogravures de Pierre Vella. 1989, 32 pages.

5 €.

Un court recueil d'aphorismes, illustré de linogravures, autour du livre et de la lecture : « Par le livre, l'arbre coupé devient parfois une forêt vivante», sans aucune prétention à la vérité : « À la bibliothèque de Tournefeuille ne cherchez pas ailleurs que sous le paillasson la clé du livre fondamental ». Un regard tour à tour incisif et railleur sur un objet qui nous est familier, son contenu, son élaboration, les rites qui tournent autour de lui, sa finalité ou — qui sait ? — son absence de finalité…

 

Pierre Ziegelmeyer.

Tremblées, Soulèvements, Passages.

 

Vignettes de l'auteur. 1982, 80 pages.

7 €.

 

« Une suite de courts poèmes en prose comme autant de signes de reconnaissance entre un auteur et le monde qui l'entoure ou l'habite ; mais aussi — à coup sûr — entre un poète et ses lecteurs, sur la même longueur d'onde, à l'écart des vérités inscrites » François de Cornière.

 

 

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L’ATELIER FURTIF

 

 

 

Jens Bjørneboe.

Le Rêve et la Roue.

 

Roman traduit du norvégien et présenté par Charles Aubry. 1988, 272 pages.

14 €.

Le Rêve c'est en partie la saga d'une grande famille de propriétaires terriens, depuis l'ancêtre mythique jusqu'à l'âge industriel. Mais c'est aussi la vie passionnée d'une femme écrivain, Ragnhild Josen, au début de ce siècle. Et la Roue, c'est celle qui entraîne les machines de la vallée en pleine transformation, vallée qui est sans doute le personnage central de ce roman aux intrications multiples. Par l'un des écrivains modernes les plus lits en Norvège, ici traduit en français, pour la première fois.

 

Jens Bjørneboe.

L'Instant de la liberté.

 

Roman traduit du norvégien et présenté par Charles Aubry. 1994, 224 pages. 14 €.

L'instant de la liberté, expression empruntée à la tauromachie, trace la ligne de démarcation entre le rituel artistique et le bain de sang dans lequel va agoniser l'animal. Et c'est bien un va-et-vient continuel entre ces deux pôles qui obsède le narrateur de ce roman, sorte d'archiviste des horreurs de l'humanité. Car ici, dans une mosaïque multicolore d'évocations, de récits, d'expériences, sans unité de temps ni de lieu, l'homme a finalement remplacé la bête. À la répulsion fascinée envers le nazisme, entre autres, répond une longue errance en « pays de chaos » dans laquelle le narrateur ne petit d'un bout à l'autre de l'Europe trouver de semble repos que dans les pires bouges, à deux pas des musées et des cathédrales où d'autres images offrent la fraternité d'êtres souffrant, ouvrant ces pages sombres et convulsives à l'espoir d'une rédemption par la beauté. Dans ce roman largement autobiographique, Bjørneboe (1920-1976) se révélait comme l'un des écrivains visionnaires les plus profonds de son époque.

 

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Bernard  Blangenois.

 

Des jeux parmi les arbres & autres nouvelles.

 

Couverture de Gilles Chapacou. 1988, 144 pages.

9 €.

 

Le soleil qui rayonne dans ces récits est souvent celui d'un Sud idéal et souverain retenant en ses zones obscures un monde occulte qui donne toutes ses dimensions au texte par la nécessité où se trouve chaque personnage d'y puiser la révélation de lui-même dont il est en attente. Blangenois dépeint cela avec générosité et économie, créant au fil de l'écriture un univers intemporel, fabuleux, relié à l'ordinaire des jours par le lien d'une jubilation, d'un humour latents, aux limites de l'émerveillement enfantin.

 

Stig Claesson.

Qui s'occupe encore d'Yngve Frej ?

 

Roman traduit du suédois et préfacé par Georges Ueberschlag. 1986, 152 pages.

9 €.

L'histoire de quelques vieux qui restent enchaînés à leur îlot de civilisation, à leur forêt, et qui découvrent que leur présent n'est pas ce qu'ils avaient imaginé, lis le vivent cependant avec sérénité, gardant assez d'humour pour entrer, presque malgré eux, dans le jeu qui se trame autour du mystérieux Ingve Frei. Leur mystification les fait secrètement frissonner d'aise, car ils sentent que c'est leur manière à eux de dire qu'ils sont encore là, de se venger de ce qu'ils ne seront bientôt plus que des monuments historiques.

 

Marcelle Delpastre.

Mémoires :

Les Lourdes chaînes de la liberté, Le Passage du désert, La Fin de la fable.

 

Coédition avec lo Chamin de Sent Jaume. 2004, 768 p.

30 €

Réunis en un seul volume, voici les trois derniers volets des mémoires de cet auteur atypique que fut Marcelle Delpastre. Il s‘agit ici de la suite et fin des quatre premiers tomes publiés chez Payot. Journal aussi d’une maladie écrit sans repentir jusqu’à la fin.

 

Yves Lévy.

Écrits sur Élie Faure.

 

1988, 160 pages.                                11 €

 

Yves Lévy qui connut Elie Faure sur la fin de sa vie n’eut de cesse par la suite que de défendre et de promouvoir son œuvre. Cette fréquentation permanente lui permit de découvrir et de comprendre la personnalité de l’historien et philosophe de l'art mieux que quiconque avant lui : ses articles éclairent de façon lumineuse la vie et la pensée d’Élie Faure. Ils ont été écrits entre 1936 et 1965, parallèlement au long travail qui devait aboutir en 1964 à la publication chez Jean-Jacques Pauvert des Œuvres  Complètes.

 

Yves Lévy.

Essais de critique littéraire.

 

1993, 160 pages.                               14 €.

 

Ce volume regroupe les principaux travaux critiques d'un homme discret, érudit prodigieux et esprit extraordinairement incisif et scrupuleux à qui le manque de temps n'a pas permis de bâtir le grand œuvre qu'on était en droit d'attendre de lui. Ce sont à nos yeux des modèles de critique. Les auteurs étudiés sont : Flaubert, Giraudoux, Hemingway, Miller, Navel, Pasternak, Larbaud, Breton, Paulhan. Avec une lettre de Jean Paulhan.

 

Gerd de Mautort.

Une Norvégienne dans la guerre.

 

Présentation de Philippe Bouquet. Troisième tirage 1996, 160 pages.

12€

 

On doit à Gerd de Mautort, Norvégienne avant épousé la France pour le meilleur et pour le pire, la traduction en langue française de plus de 150 livres scandinaves. Cette activité menée des années 30 à nos jours a été entrecoupée par la Seconde Guerre mondiale que Gerd a vécue aux fins fonds d'une vallée norvégienne dans un mélange de retour à la terre, de vie autarcique, de convivialité extrêmement fraternelle et de résistance à l'occupant allemand. Ce sont ces années-là qu'elle a choisi de nous conter ici.

 

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Veijo Meri.

Une histoire de corde.

 

Roman traduit du finnois par Claude Sylvian et Mirja Bolgar. 1988, 128 pages.

9€

 

Un humour caustique, une langue vivace, souvent proche du langage parlé, animent ce roman gigogne où les pérégrinations singulières d'une corde et d'un soldat servent de fil conducteur à l'emboîtement d'histoires de guerre toutes plus grotesques les unes que les autres. C'est là un genre où excelle Veijo Meri, nouvelliste et romancier né en 1928, Grand Prix de Littérature du Conseil Nordique et également traducteur, entre autres, de Villon. L'œuvre de Meri est traduite en vingt langues.

 

Jean Queval.

Tout le monde descend.

 

1988, 208 pages.                                12 €.

 

« J'ai vécu à Rouen une enfance heureuse. Les meilleures pages de ce modeste ouvrage montrent assez bien ce qu'il en fut. Ensuite, dans ce récit de rien, je raconte des songes ancrés nulle part ». Ainsi Jean Queval parle-t-il de son livre. Si l'on ajoute, citant Noël Arnaud, que Queval est un consanguin de Queneau, de Mac Orlan, de Dhôtel et d'Henri Thomas, on aura un raccourci sur le fond et la forme d'une œuvre aussi inclassable qu'attachante, dont la réédition, près de 30 ans après sa partition, s'imposait.

 

Kenneth Rexroth.

Les Classiques revisités.

 

Essais traduits de l'Américain par Nadine Bloch et Joël Cornuault. 1991, 304 pages.                                                18 €.

 

Pourquoi les grandes œuvres universelles (depuis Homère jusqu'à Tchekhov, en passant par Apulée, Montaigne, Tou Fou ou Baudelaire), continuent-elles d'exercer leur séduction sur nous et sur les générations toujours renouvelées de lecteurs. En quoi nous concernent-elles plusieurs siècles, parfois, après qu'elles furent écrites. Sur un ton alerte et vivant, à la fois solennel et familier, impérieux et intime, Kenneth Rexroth a cherché une réponse à ces questions dans soixante essais foisonnants d'idées, couvrant les domaines du roman, de la poésie, de la philosophie, de l'histoire et du théâtre. L'unité de ce recueil tient à ce que Kenneth Rexroth a toujours soin d'associer les « grands auteurs » à l'expérience vécue par chacun d'entre nous, de rapprocher, dans ce qu'elles ont de plus élevé, la littérature et la vie.

 

Noë Richter.

La lecture et ses institutions.

(I), La lecture populaire, 1700-1918.

 

1987, 304 pages.                               21 €.

 

En replaçant la lecture ouvrière dans l'histoire culturelle de la France, le présent ouvrage apporte une contribution essentielle à celle-ci. Les institutions de lecture, qui entretiennent les mécanismes acquis à l'école dans la masse de la population, sont encore mal connues. L'auteur en découvre la genèse, en retrace les développements et montre comment les fonctions et les différents courants d'un système de lecture ségrégationniste ont fini par converger et par déboucher sur la conception de la bibliothèque moderne.

 

(II), La lecture publique, 1919-1989.

1989, 240 pages.                               18 €

 

Ce second volet de La Lecture et ses institution., offre un large tableau des hommes, des milieux, des idéologies qui ont influencé la démocratisation de la lecture après 1918. Il s’agit d’un système de lecture publique qui cherchera ses voies durant un demi-siècle à s'opposer à la lecture populaire moribonde, ségrégative et aliénante. Mai 68 précipitera le renouvellement de l'institution. Les bibliothèques d'entreprise s'intégreront à un système national pluraliste adapté à la pénétration du livre dans les circuits populaires.

 

Les Médiateurs du livre.

160p., 17,5 x 25 cm, coédition avec la Société d’histoire de la lecture.

24 €

 

Les travaux de N. Richter l’ont conduit à montrer les intermédiaires qui depuis trois siècles ont œuvré à la promotion du livre et de la lecture. Il ouvre ainsi de nouvelles perspectives aux professionnels réfléchissant sur la lecture publique.

 

Tariei Vesaas.

Les oiseaux.

 

Roman traduit du norvégien (nynorsk) et présenté par Régis Boyet. Quatrième tirage 1999, 272 pages. 90 F / 13,72 €.

 

Dans Les Oiseaux, Tarjei Vesaas raconte l'histoire de Mattis, simple d'esprit au cœur vierge et à l'âme candide que la dureté du monde réel a définitivement refoulé dans un univers de rêves. Ce roman invite le lecteur à mieux aimer la vie, à apprendre à en dépasser les contingences : la nature, la simplicité, l'évidente et l'immédiate beauté d'un lac, d'une forêt, d'une aile d'oiseau, d'un regard de jeune fille sont l'irréfutable preuve de sa grandeur. Ils sont au-delà du malheur et de la mort et leur miracle ne périt jamais. Il est à la portée du plus déshérité.

 

Ilarie Voronca.

Contre-solitude, poèmes.

Préface de Jean-Pierre Begot. 2006, 96 p.

12 €

I. Voronca, n é en 1903, avec un groupe d’amis, fit respirer à Dada l’air de Bucarest. En 1930, avec son épouse, il arriva à paris où il fit paraître quelques livre. Avec le nazisme, Voronca prit le Maquis. Il se suicida à Paris en 1946. poésie insolite où espoir et désespoir se mêlent dans un chant de l’errance.

 

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L’EnjambEe

 

 

Haroldo de Campos.

L'éducation des cinq sens.

 

Poèmes traduits du portugais (Brésil) par Luiz Carlos de Brito Rezende. Édition bilingue, 1989, 88 pages.                            8 €.

 

Dans ce recueil, le premier traduit intégralement en français, Haroldo de Campos parvient à une extraordinaire maîtrise du mot en toutes ses configurations : sonore, visuelle, signifiante, en un mot idéo-grammatique. Ses « formes en morphoses » relancent les dés mallarméens. L'un des promoteurs du mouvement brésilien de la poésie concrète (contemporain de Brasilia) il a encore pratiqué une « transcréation », profonde, donnant aux portugais aussi bien Mallarmé que Pound, Dante, Maïakovski ou les troubadours provençaux.

 

Vladimir Holan.

L'Abîme de l'abîme.

 

Poèmes traduits du Tchèque par Patrick Ourednik. Éd. bilingue, 1991, 208 p.

8 €.

 

L'œuvre de Vladimir Holan est à la fois la plus complexe et la plus hermétique de la poésie tchèque du xxe siècle : elle échappe à toute tentative de classement. Refusant l'automatisme de la réalité, remettant sans cesse en cause le reflet déformable du monde, Holan explore obstinément les souterrains de la vie — la recréation permanente et la précision du lexique, la métaphore et l'imagination air service de la métaphysique lui servant d'outils de fouille.

 

Barbara Sadowska.

Il est doux d'être enfant de Dieu.

 

Poèmes traduits du polonais par Lucienne Rey, et Jérôme Rufin. Édition bilingue, 1987, 72 pages.                                            8 €.

 

Barbara Sadowska (Paris 1940 — Varsovie 1986), militante des droits de l'homme, inscrite sur la liste noire des écrivains, publiait clandestinement depuis 1975. En 1983, son fils, arbitrairement arrêté, meurt des suites d'un passage à tabac par la police. Le présent recueil est entièrement puisé dans ce drame sans nom dont les assassins ne furent pas condamnés. C'est un cri multiple de douleur, de récolte, de mépris, d'ironie amère qui nous éclaire sur quelques aspects d'une réalité encore récente mais heureusement dépassée en Pologne.

 

 

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À TÊETE REPOSÉE

 

 

AI Ackerman.

Maître Ling & autres histoires choisies,

 

Traduit de l'améranglais et présenté par Philippe Billé. 1995, 80 pages.

11 €

Né en 1939 aux États-Unis, le docteur Al Ackerman raconte des histoires depuis plus de vingt ans. En voici, pour la première fois, un recueil, en version française. Une occasion de s'initier aux secrets des tactiques aléatoires évasives, comme le Situationnisme rotatif, ou le Principe de dissimulation inattendue dans un placard.

 

Noël Arnaud.

La vie de Jean Queval par un témoin,

L'Agence Quenaud.

Roman. 1987, 328 pages.                18 €.

 

Les caf' conc' de la rue du Roi d'Alger, le Major Attlee, la protection du râle des genêts à Héricy, Agatha Christie à Forges-les-Eaux, le numéro désopilant de Viridomar et ses Volques arécomiques, le chocolat et le chocalho, l'oncle Aristide et Georges Perec, la route de Darnétal et la rue des Petites-Eaux, Edmond Rostand et le volapük, le Hvitaland et les horsains, la rencontre d'Isidore Beautrelet, etc. etc., faits et gestes, cris et écrits, bûches et embûches d'un aventurier hors série devenu l'un de nos tout premiers poètes et romanciers.

 

Paul Braffort.

J & I : les deux combinateurs et la totalité.

2002, 168 p. sur vergé satiné de Lana.

15 €

 

Ambition modeste de recomposer le monde dans sa totalité à partir de 73 pièces en vers agrémenté de 37 dessins. Membre de l’OuLiPo Braffrod a fondé en 1981 avec J. Roubaud, l’Atelier de Littérature Assisté par la Mathématique et les Ordinateurs (ALAMO).

 

Pol Bury.

896 têtes ramollies.

1989, 128 pages.                          11 €

 

Pol Bury naquit au début de la 3e décennie de ce siècle. Il dut toutefois attendre la 6e pour découvrir la Pesanteur. Il tenta d'apprivoiser cette Gravité à l'aide de volumes laissés en fausse liberté. Il fit même appel à l'hydraulique pour parvenir à ses fins. Depuis la 7e décennie il tripote des images en tous genres devant des miroirs pervertis. Voyant le portrait si délaissé par les Modernes, il trouva 28 visages amicaux acceptant de se laisser traiter. Ce livre est le résultat de ces manipulations optiques.

 

Pierre David.

Queneauseries & Davigations.

 

1994, 64 pages.                                  9 €.

 

« Né à Lyon après Jésus-Christ », Pierre-François David œuvre « dans le journalisme de spectacle, sans conviction superflue toutefois » (Laure Dutang). Il anime depuis trois douzaines d'ans les éditions Merdre, au tirage moins encombrant que celui du Progrès de Lyon qui le vit débuter. Ici, pour nous, le journaliste s'est fait journalier : pendant une année, de septembre 1988 à août 1989, il nous emmène promener du côté de chez Queneau, Fantômas et Jarry, ses sujets favoris, avec les odyssées cyclistes, le cinématographe et le roman policier. Il ne manque pas, au passage, d'en envoyer promener d'autres, de sujets favoris, quand leur manque de recul le défrise. Et ainsi, les jours passent vite...

 

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Foulc.

Le lunetier aveugle.

1986, 84 pages, 118 illustrations dont 2 en couleurs.

8 €

 

Des milliers de personnages, en proie au besoin de signifier, s'étonnent des contorsions qu'ils font et même « d'avoir des pieds ». Ils ne voient pas plus loin que leurs « problèmes de doigts » et l'artiste lui-même ne se prétend pas voyant. Aveugle, dit-il. Mais il fournit les lunettes, à savoir : ses travaux. Une centaine d'œuvres textiles, découpis de papier, gravures, peintures et dessins, reproduits ici avec sonnets, conte, scénario et spéculation oupeinpienne, résument, à l'occasion d'une vaste exposition, vingt ans de l'activité des Foulc. Non une rétrospective, «plutôt une introspective».

 

Thieri Foulc.

Œuvres incomplètes, tome 2.

Les 7 nuits

suivi de

Maton au désert,

Mécaniques de l'os du sable & Nuques.

 

1992, 120 pages.                               14 €

 

Thieri Foulc est un maître artisan de l'alexandrin et du sonnet. Il est aussi très habile au maniement des vers moins frappés, comme dans ce tome 2 des Œuvres incomplètes qui rassemble trois suites fluctuantes inspirées par le désert : on part sur une création du monde intérieur en 7 nuits, on s'échoue aux rives de la fabuleuse Tataouine où les mirages vont boire, ville où renaître un peu de travers dessous les tamaris mythiques.

 

Francis Giraudet

Tout souriant, je conduis mon luth

2004, 96 p.

12 €

Le langage commun est un leurre. Chacun raisonne avec ses propres mots. Les mots sont comme les pierres qu’on soulève au jardin fleuri du dico pour livrer à l’enfant émerveillé des paysages inouïs peuplés de monstrillidés sidérants…

 

 

Marcel Mariën.

Le chemin qui ne mène pas à Rome.

 

Préface d'Alain Delaunois. Frontispice d'André Stas. 1995, 144 pages.

14 €

 

Né à Anvers en 1920, Mariën rencontre Magritte en 1937 et dès lors participe aux activités des surréalistes belges, dont il sera l'un des représentants les plus polémiques. Fondateur en 1954 de la revue Les Lèvres-Nues, et éditeur, il réunit et publie notamment les écrits de Nougé et de Magritte. Réalisateur en 1959 d'un film, L'Imitation du cinéma, auteur de contes et nouvelles (Les Fantômes du Château de Cartes), d'aphorismes( La Licorne à cinq pattes), de poèmes (L’Ancre jetée, duos le Doute), Mariën se fit également archiviste avec, en 1979, L'Activité surréaliste en Belgique, 1924‑1950. Par ailleurs collagiste et photographe, cet iconoclaste à l'humour singulier est décédé à Bruxelles le 19 septembre 1993, quelques mois après avoir préparé l'ensemble des textes, réflexions et aphorismes du présent recueil.

 

Henry Meyer

Objets de mots, tremblez !

 

Frontispice, culs-de-lampe et vignettes de l'auteur. 1986, 72 pages.

7 €

 

Un récit de voyage entrepris sous le pavillon de M.M. Teste et Jarry, voyage-fuite ici fixé provisoirement en courtes scènes qui se poursuivent, se reprennent leurs thèmes, se cherchent, comme l'auteur et son double, le dansent et la sentinelle, le je et le il, le rêveur et son rêve.

 

Henry et Pierreziegel Meyer.

Visions du Crâ dans l'endedans des champs pataluriens.

 

1986, 96 pages.

8 €

 

Quarante-quatre linogravures flamboyantes de Henry Meyer, accompagnées d'autant de récits courts mais denses pour tenter de dire les choses vues par un voyageur peu courant lors d'une expédition en terre patalurienne. Rencontres imprévues, sites contraignants, coutumes et personnages pas toujours saugrenus, se succèdent en toute impunité. Si les explications et références abondent, comme il se doit, reconnaissons qu'il reste encore quelques questions pendantes, au bout du conte.

 

Sylvie Nève &Jean‑Pierre Bobillot.

L'écume des mots.

Petit lexique à quatre mains.

 

Avec sept Écumes de Jean-Luc Brisson. 1992, 56 pages.

9 €

 

Chacun va se faisant, se défaisant, sa vie durant, à travers des mots grands ou gros, lourds de sens ou de leurres, anodins quelquefois, où se trame, & se scande, à son insu, ce qu'il est (...). Or, le plus souvent, ces mots se confondent avec la vie même, ils sont l'inconscient, l'ineffable, ce qui fait tenir le réel. De cet obscur & insondable océan, nous ne rapportons que l'écume, l'éphémère savoir, la saveur.

 

Michel Ohl.

L'an Pinay.

 

1991, 80 pages.                                            9 €

 

En prévision du centenaire d'Antoine Pinay, l'auteur lança une nouvelle unité de temps, l'an Pinay. L'an Pinay, ou an Toince, vaut cent ans vulgaires. Dans son olympienne foulée, Ohl glorifie, outre Antoine Pinay : François Mitterand, le radis policier, le Corps Med, Claude-François Mauriac, les veux bleus du maréchal Pétain, le Café de la Place d'Armes d'Orthez, Jésus-Christ, Lacmartine, le confit de porc... en d'inénarrables prosinettes qui sont autant de retombées en Enfance.

 

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Michel Ohl.

Le prix du bœuf.

Ripopée posthume, patriotique et familiale,

annotée par Narcisse Boudigans.

 

1996, 160 pages.                                     14 €

 

 

« Le prix du bœuf ?.trop cher, madame... ( ... ) Rien ne nous est épargné cette fois, ni les pantalonnades infra-beckettiennes ( le prix du boeuf, Chez maman), ni les laborieux pastiches de Borges ou de James ? — (Un suicide moral ni, bien sûr, les pseudo-prouesses oulipiennes (Pour en finir avec la lecture, Un beau salop). Mais il y a pire, malheureusement. Depuis peu, notre auteur se découvre une fibre sociale. On avait deviné depuis longtemps de quel côté penchait le cœur» d'Ohl. Après l'ami noir hélas, plus aucun doute n'est permis voir aussi, dans le registre de la haine raciale, Papale, et son scandaleux « missié Pape » !). Il se dégage de ce nihilisme de bazar un parfum bien pestilentiel ... » — François Vignon (Jour de lettres, Bordeaux).

 

Michel Ohl.

Le Nom du livre intitulé

Marie-Botte ou Pèle-Galets.

 

Frontispice et culispice de Henry Meyer. 1986, 64 pages.

7 €

 

La biographie de François Mauriac, quasi véridique, gironds épisodes anagrammiques... Une saison dans la vie d'un russophile émule d'Antoine Husson, fou littéraire... Le dernier Noël de George Sand aux amants loin ... Vie et opinions de Festogale, sage et fol « recordman du lustre de lisure »... et autres études littéraires accomplies par Michel Ohl, exorciste. Six récits de vies, ou épisodes, presque imaginaires, à lire et délire comme on suit le sentier des crêtes, la jambe attentive et le chapeau bien assuré.

 

Michel Ohl.

La Main qui écrit,

 

88 p.

12 €

Un livre hors du commun en son intérieur

 

Depuis la retombée en enfance Michel Ohl n’écrit plus, il parle et déparle et la main enregistre sur le cahier de cours élémentaire au fil de la plume de perroquet les pages se noircissent le maître d’école vampire le titre par la main il va céder il cède il…

 

Michel Ohl.

Rêves d’avant la mort.

2006, 88p.

12 €

Est-ce qu’on ne pourrait pas la rejoindre, la vie, lorsqu’on est mort ? telle est une des questions posée au cours d’une de ces 6 semaines de rêves racontés et commentés.

 

 

Jean Queval.

Un fablier.

 

Cinq collages de Gilles Chapacou. 1986, 96 pages.

8 €

 

«Voici déménagées des fables de La Fontaine » dit Queval. « Déménagées » en effet, transportées dans le temps et transposées en situations contemporaines, rhabillées de français actuel. Fort respectueux du bonhomme, qu'il admire au demeurant autant qu'à juste titre, Jean Queval a donc entrepris de lui rendre hommage et l'a pour cela traduit, excellemment. Si l'on se souvient bien, La Fontaine lui-même ne s'est pas gêné pour transcrire des fables de très-anciens comme Ésope, ou Phèdre, lequel puisa également chez le Phrygien, qui sans doute avait jeté ses filets dans le vivier africain des contes traditionnels, avec Jean Queval, la chaîne continue, et la fête,

 

 

Frédéric Larchenc & Henry Meyer.

Rabutes & Clignettes.

 

Poèmes nonsensiques traduits et adaptés des Nursery Rhymes par Frédéric Larchenc et illustrés par Henry Meyer. 1996, 64 pages.

9 €

 

Ces poèmes nonsensiques anglais sont très anciens, et leurs auteurs pour la plupart inconnus. Beaucoup ont été recueillis et annotés de façon burlesque dans Mother Goose's Melody (1765 ). La compilation la plus importante a été faite par James Orchard Halliwell dans The Nursery Rhymes of England (1842), édition plusieurs fois reprise et augmentée jusqu'en 1860.

« Rabute » et « Clignette » sont des mots de français dialectal désignant les comptines.

 

 

Jean-Benoît Thirion.

 

Voici (de bonnes fréquentations).

 

Récits. Avec deux collages de l'auteur. 1997, 96 pages.

11€

 

Les temps changent. Les calendriers ne sont plus ce qu'ils étaient, et les saints du calendrier n'en font plus qu'à leur tête. La piété, le sacrifice, le miracle, la béatitude, s'ils sont toujours d'actualité, ont de nouvelles manières de s'exprimer. Rosine mord les facteurs, Amédée fait visiter ses tiroirs, Jean-Baptiste tire au fusil les métaphores. Comme c'est au printemps que tout se renouvelle, ce sont les nommés des mois de mars et d'avril qui mènent la ronde et que voici. De bonnes fréquentations, en attendant de connaître tous ceux que le calendrier cite au fil de l'année.

 

Jean-Benoît Thirion.

 

Contes de l’échiquier.

1988,96 p.

8 €

Ces 12 contes sur les échecs constituent une fresque géographie et historique sur le jeu d’échec. Elle débute en Inde et nous fait voyager dans une série d’histoires riches en détails pittoresques à l’éruditionmalicieuse.

 

 

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BIBLIOTHÈQUE OUCUIPIENNE

 

Harry Mathews.

Cuisine de Pays (La «Farce double»).

 

Traduit par Marie Chaix. Vignette de Gil. 1990, 40 pages. 

6 €

    Cette plaquette à tirage limité inaugure la « Bibhothèque Oulipienne», organe de l'Ouvroir de Cuisine Potentielle (Oucuipo), petit frère de l'Oulipo. Noël Arnaud brosse in fine leur histoire commune. Quant à la recette auvergnate de la farce double que présente ici Harry Mathews, on laissera au lecteur le plaisir entier de la découvrir, de la goûter, de s'en délecter, de s'en rassasier et de la réaliser à partir des indications précises de l'auteur. Sous cette forme la Farce double est aussi un véritable régal !

 

Noël Arnaud.

D'une théorie culinaire,

suivi des

Adevinailles.

 

1996, 32 pages.

6 €

 

En sa partie initiale le nouveau volume de la Bibliothèque Oucuipienne conjugue étroitement fond et forme, toute théorie étant fondée sur la forme du fond. Ne jamais oublier gastrosophiquement les fonds de sauce. Après cet exercice de théorie de la pratique, l'ouvrage propose les questions et les réponses soulevées par la totypognomonie des crus.

 

 

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VOIX D’EN BAS

 

 

Louis Nazzi.

Sincérité,

suivi de

Gégène & Nini.

 

168 pages. ISBN 2-85452-237-0

14 €.

Complément indispensable au Cahier Poulaille 8-9, ce volume recueille la réimpression en fac-similé des deux numéros de la petite revue de Nazzi, Sincérité, et un court roman sur l'éveil aux sentiments amoureux de deux gosses des quartiers populaires : Gégène & Nini.

 

 

Charles-Louis Philippe.

Dans la petite ville.

Préface de Francine Masson. 176 pages. ISBN 2-85452-162-5

14 €.

 

Nouvelle édition de ce recueil de nouvelles (paru en 1910) qui met largement en scène la petite ville natale de Philippe : Cérilly (Allier) et ses plus humbles habitants.

 

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René Bonnet.

Contes et récits de la ville et de la campagne.

 

Avant-propos de Jérôme Radwan. 1982, 140 pages.

8 €.

 

Ancien charpentier, Bonnet fut l'UN des premiers militants de la littéraire prolétarienne et c'est avec la vérité des vies les plus obscures qu'il nous confronte ici. Son livre est un hommage au monde du travail, au monde rural dont il est issu et sa fidélité aux siens nous explique pourquoi et comment il a été un témoin attentif aux détails les plus minces de la vie ouvrière.

 

 

Philippe Bouquet.

La Bêche & la Plume.

 

I — L'Aventure du roman prolétarien suédois.

 

1986, 232 pages.

12 €

 

Ce premier volet d'une trilogie autour de la littérature prolétarienne suédoise retrace l'histoire de celle-ci de 1815 à nos jours, depuis l'époque des pionniers jusqu'à l'après-guerre. On y constatera combien, contrairement à celles d'autres pays, cette littérature a rencontré d'échos, suscité de changements et participé à la construction de la Suède moderne.

 

II — Un matin de novembre.

 

Nouvelles choisies et traduites par Philippe Bouquet. 1987, 152 pages.

10 €.

 

Pour illustrer le volume précédent, un choix de nouvelles de douze écrivains prolétariens suédois: Karl  Ostman, Gustav Hedenvind-Eriksson, Eyvind Johnson, Jan Fridegaard, Ivar Lo-johansson, Rudolf Värnitind, Josef Kjellgren, Folke Fridell, Sture Källberg, Jan Fogelbäck, Aino Trosell, Per Forsman, la plupart d'entre eux traduits ici pour la première fois en français.

 

III — L'écrivain et la société.

 

Textes choisis et traduits par Philippe Bouquet. 1988, 272 pages.

14 €.

 

Ce volume recueille 25 textes sur le pourquoi, le pour qui et le comment écrire. Leur intérêt dépasse leur cadre originaire en posant de vraies bonnes questions sur la littérature de tous les temps, de tous les pays, de toutes les classes sociales.

 

Lucien Bourgeois.

L'Ascension.

Préface de Jean Prugnot. 1980, 144 pages.

8 €.

 

« Autobiographie d'un ouvrier autodidacte », ce petit livre a souvent été considéré comme un des chefs-d'oeuvre de la littérature ouvrière, Suscité par Marcel Martinet, il est un peu l'acte de naissance de la littérature prolétarienne française. Lucien Bourgeois, après bien des métiers et des misères, fut longtemps ouvrier photograveur. La préface de Jean Prugnot retrace son existence difficile avec beaucoup d'émotion et de détails.

 

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Raymond  Ceuppens.

Le retour du vivant et autres nouvelles.

 

1987, 144 pages.

9 €.

 

Après avoir été photographe de presse, technicien de cinéma, journaliste (reportages sur la misère dans les grandes villes d'Europe), permanent de la lutte urbaine, Raymond Ceuppens est charpentier de marine, ouvrier en usine ou sur des chantiers navals. Ses nouvelles reflètent ses expériences et la vie quotidienne dans le monde ouvrier. Il a publié quatre livres chez Denoël et reçu le prix Rossel (le Goncourt belge) en 1982 pour L'Eté pourri.

 

Jacques Cordier.

Littérature prolétarienne en Wallonie.

 

1985, 160 pages.                                9 €.

 

Ce livre se divise en deux parties : la première présente l'histoire d'un mouvement littéraire qui prit naissance en Wallonie vers 1920. Elle est due à Jacques Cordier (et à Vital Broutout pour l'évocation du Musée du Soir qui devait clore cette histoire dans les années 60). La seconde partie recueille les récits de deux travailleurs du fond de la mine : Hector Clara met en scène le sort des chevaux autrefois sacrifiés à la production charbonnière. Charles Nisolle, dont c'est ici sans doute toute l'œuvre, se révèle un écrivain incisif et violent, proche parfois du meilleur Malva — ce qui constitue le plus bel éloge qu'on puisse, ici, lui adresser.

 

Neel Doff.

Contes farouches.

 

1988, 144 pages illustrées. Troisième tirage.

9 €

 

« Ses Contes farouches (1913) vont de la nouvelle ou de la "chose vue" à de brefs romans, très sombres et cependant baignés dans une sorte de lumière pudique. Livre de femme: les deux admirables récits qui ouvrent le recueil sont des drames de la jeune mère, cherchant désespérément dans l'enfant qu'elle a ou qu'elle recueille une raison de s'obstiner à vivre. Cela est dit avec minutie, simplicité et une grande économie de moyens ». — Jacques Cellard, Le Monde.

 

 

Folke Fridell.

Une semaine de péché.

 

Roman traduit du suédois et présenté par Philippe Bouquet. 1984, 192 pages.

9 €.

 

L'ouvrier d'usine Konrad Johnson a décidé de s'accorder une semaine de congé — ou plutôt, selon sa propre expression, une semaine de « création » forcément entachée de péché. Ce qu'il désire créer, c'est avant tout lui-même. Il veut être un être humain à part entière, ayant de la valeur en lui-même et non pas seulement par le biais de la valeur qu'il crée. Ce livre est le récit d'une entreprise menée, très littéralement, envers et contre tous —car les plus étranges alliances se nouent dès lors qu'il s'agit d'empêcher quelqu'un de se révolter, c'est-à-dire de venir perturber l'Ordre. C’est un livre à ne pas mettre entre toutes les mains car si Konrad Johnson faisait école...

 

Émile Guillaumin.

Histoires bourbonnaises.

 

Nouvelle édition, suivie de Père et Fils. Présentation de Suzanne Souchon. 1986, 136 pages.

9 €.

 

Les Histoires bourbonnaises sont constituées de contes choisis parmi ceux que Guillaumin donnait à la presse dans les années 1908-1914, période d'intense activité pour l'écrivain paysan. Nous y avons adjoint un long récit parti en feuilleton en 1898, Père et Fils, qui est sans doute le premier travail de longue haleine de l'auteur et dont l'intrigue, l'atmosphère, l'écriture, les personnages préfigurent ceux du roman Près du sol.

 

Panaït Istrati.

Le vagabond du monde.

Textes rares et inédits rassemblés et présentés par Daniel Lérault. 1991,

312 pages.

18 €.

 

« Dans ces Notes et reportages, que je griffonnerai sur mes genoux, j'oublierai l'écrivain pour n'être que le vagabond, insouciant dit style, de la composition. Je dirai les choses telles qu'elles se présenteront à mon esprit, après les avoir vécues sur mes nouvelles routes et sur les anciennes. Ce sera le roman pris sur le vif de mes dernières pérégrinations... Devoir voluptueux. Besoin ardent de plonger dans la mêlée, de donner des coups et d'en recevoir. Et surtout de pouvoir dire à mon aise tout ce que je sens, tout ce que je pense. Voilà ce que j'ai toujours désiré être. Se réalisent-ils, les vieux rêves ?» — Panaït Istrati.

 

Josef Kjellgren.

Je suis des milliers.

Poèmes choisis, trad. du Suédois et présentés par Philippe Bouquet. 1986, 100 p.

8 €.

 

Ces poèmes sur le monde du travail sont l'œuvre d'un Suédois qui fut ouvrier et marin. Ils disent la joie de l'effort physique qui modifie le monde mais aussi la peine, la peur de l'accident, la « honte » du gréviste qui déserte le champ de bataille, la frustration du prolétaire privé du fruit de son labeur. Ils chanteur la fraternité, qui n'est jamais aussi forte et grisante que là où souffrent les hommes : chantiers en tous genres mais aussi hôpitaux où le malade petit « devenir des  milliers » grâce au sang de ses  semblables.

 

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Josef Kjellgren.

Les hommes de l'Émeraude.

Roman traduit du suédois par Philippe Bouquet. 1991, 280 pages.

18 €.

 

L’Emeraude est un cargo suédois qui, quelques mois avant la Deuxième Guerre mondiale, traîne sa carcasse sur les océans du monde. À son bord : un capitaine, des officiers et des hommes d'équipage. Ce livre est le récit de leur vie quotidienne : c'est-à-dire de leur labeur mais aussi de leurs joies et de leurs peines, de leurs rêves  et de leur révolte, de leurs mesquineries et de leur grandeur, et surtout de la camaraderie virile de ces travailleurs liés par une solidarité profonde face à l'avenir et au danger.

 

 

La chaîne d'or

Roman traduit du suédois par Philippe Bouquet. 1991, 264 pages.

18 €.

 

Ce Volume fait suite aux Hommes de l'Emeraude et regroupe tout ce que Kjellgren a écrit se rapportant au sort de l'équipage de ce navire. La mort l'a certes empêché de mener à bien son projet dans son intégralité, mais il nous a tout de même légué avec La chaîne d'or une grande leçon de morale sociale et de démocratie centrée sur une opération survie faisant appel, sur le plan littéraire, à une tech                              nique dans laquelle l'onirisme vient enrichir le réalisme naturel à l'auteur.

 

Luis Lancina.

Histoires sans histoire.

Photographies de Jean-Louis Chauvin. 1986, 144 pages. 54 F / 8,23 €.

 

Ces tableaux paysans doivent beaucoup aux souvenirs de l'auteur et à ceux de ses ascendants. Conteur passé de l'oral à l'écrit, Lancina rassemble ici une sorte de mémoire collective des siens et les personnages qu'il fait revivre sont sans âge et de toute génération de la civilisation rurale traditionnelle.

 

Constant Malva.

Choses & gens de la bure & du Borinage.

Présentation de Jacques Cordier. 1985, 280 pages.

12 €.

 

Malva disait que son seul souci était de rendre témoignage. On mesurera à la lecture du présent volume combien son œuvre a toujours répondu à ce souci et combien elle l'a fait de façon poignante. S'il s'agit de l'univers de la mine (la bure ), il nous est restitué dans toute sa trépidation et son tragique banalisé ; s'il s'agit de la vie à la surface, du Borinage, l'observation de Malva nous la rend avec la netteté et la précision d'une ethnographie d'ou les sentiments vrais ne seraient pas absents.

Le présent  recueil rassemble  pratiquement  tous les  récits  dispersés de Malva introuvables ou inédits.

 

Constant Malva.

Un mineur vous parle.

Bois de Roger de Moor. 1985, 144 pages.

8 €

 

Cet ouvrage recueille des textes autobiographiques, de courts récits de la mine, une Complainte des Carheniers et de belles pages sur « Le Borinage qui meurt ». Les pages autobiographiques retracent la carrière de mineur de Malva et la genèse de sa vocation d'écrivain. Pages essentielles qui nous montrent le cheminement solitaire vers l'expression littéraire d'un homme qui ne fut jamais un amateur dans ce domaine : plus qu'un simple témoin de la mine, plus qu'un écrivain prolétarien, Constant Malva est avant tout un écrivain témoin de son temps.

 

 

Marcel Martinet & Ludovic Massé.

Correspondance croisée.

Édition établie et présentée par Maurice Roelens. 1987, 144 pages.

9 €.

 

Lorsque débute cette correspondance, Massé admire de longue date le poète des Temps maudits, de treize ans son aîné. Martinet va guider le jeune homme, contribuer à ce qu'il persévère dans sa vocation, et l'on voit ce dernier, au fil des lettres, prendre conscience de ses moyens tandis que se resserre une amitié non sans divergences mais exigeante et généreuse de part et d'autre. Se révèlent ainsi la formation de l'écrivain et le double visage de Martinet, homme blessé qui jamais ne voulut désespérer de la vie.

 

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Ludovic Massé.

Visages de mon pays.

Présentation et postface de Maurice Roelens. 1984, 136 pages.

8 €.

 

« C'est un bonheur que de bénéficier de ces écrits qu'on aurait tort de considérer comme marginaux ou comme simplement complémentaires au grand-œuvre de notre auteur, ne serait-ce que parce qu'ils nous dégagent quelque chose de plus immédiatement idéologique, de plus polémique à l'occasion — comme on le voit dans cet ajout de 1956 qu'est Quand un Catalan que dans les romans millésimés » — Jean Thiéry, Le Midi Libre

 

Jules Mougin.

Usines.

Récits de jeunesse. 1987, 64 pages.     

7 €.

 

Né en 1912, Mougin a exercé le métier de facteur rural. Connu aujourd'hui comme poète et artiste "brut», pacifiste invétéré, infatigable épistolier, il dessine et sculpte à partir de matériaux de récupération. Cela ne doit pas faire oublier ses débuts dans les années 1940 où son nom figura fréquemment au sommaire des revues de poésie ouvrière. Ce petit livre est de cette veine qui nous conte principalement son enfance avec, près de 60 ans après sa première parution, un pouvoir d'émotion demeure intact.

 

Louis Nazzi

Sincérité suivi de

Génène & nini

2000, 168 p.

14 €

Complément aux Cahiers Poulaille. Court roman paru en feuilleton en 1910 sur l’eveil aux sentiments de deux enfants des quartiers populaires

 

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Librairie L'Hirondelle

 

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HORS COLLECTION

 

 

L'itinéraire de Robert Chemin.

 

Propos recueillis par Frédérique Dutertre. 1995, 32 pages, 25 reproductions dont 4 en couleur. Tiré à part de Plein Chant n°59. (Coédition avec Elisabeth Brunet, libraire à Rouen).

5 €.

 

L'œuvre de Robert Chemin reflète de multiples influences décelables sans doute dans la plupart de ses gravures ; mais tout cela, jeté au creuset des formes, resurgit avec sa marque dont le principal caractère est à coup sûr la très forte poésie qui l'habite, issue d'un graphisme et d'une technique conquis de haute lutte. Cette œuvre s'est ainsi élaborée lentement, modestement, sans aucun souci de publicité et son opiniâtreté a p